La Gazette de la grande ile

EDITO: Soigner la forme, soigner les apparences…

Publié le 17 avril 2018

Comme par hasard ils voulaient tous être là, non pas pour Ramose Botovasoa, pas particulièrement, mais juste pour être là où le monde est, pour être vu, pour avoir des voix ou du moins pour avoir les voix des catholiques. C’est ainsi que l’on opère au cours d’une année électorale, c’est ainsi que les politiciens malagasy opèrent depuis des années… être bien vus, soigner les apparences ! Mais soigner les apparences signifie soigner la forme, faire preuve de retenue quand les circonstances le recommandent, montrer de l’enthousiasme quand les circonstances le recommandent et s’habiller pour la circonstance. L’actuelle première dame sort des sentiers battus, pour faire dans l’original on ne fait pas mieux qu’elle sauf que excentrique à outrance, elle en oublie cette apparence importante selon les circonstances. Elle a peut-être un physique de rêve, mais elle a toujours été décalée sur le plan vestimentaire et elle ne peut pas reprocher aux gens leurs remarques vu son statut de Première dame, vu son statut de personnage public. Elle aurait mis sa robe ananas à la plage et quand il fait chaud, ça serait passé inaperçu ; elle aurait mis son bustier dos nu lors d’une soirée et non lors d’une messe à Vohipeno, ce serait également passé inaperçu mais au fond, souhaite-t-elle passer inaperçue ! Il est certain que la réponse est non, à moins que sa conseillère en image veuille vraiment la rendre ridicule.

Quant à son mari et les autres hommes politiques prétendants à la magistrature suprême, au mois de novembre dernier, la Conférence des Évêques de Madagascar (CEM) pour annoncer la béatification de Ramose Botovasoa avait déclaré que la vérité est morte à Madagascar, que Ramose Botovasoa était un exemple de vérité, de probité et de sacrifice. Ces hommes politiques qui se sont rués à Vohipeno, ces prétendants à la magistrature suprême qui avaient pourtant déjà occupé des postes de responsabilité dans le pays et particulièrement ceux qui avaient déjà été à la tête de l’Etat ou qui est à la tête de l’Etat, eux  qui ont voulu être à ce rendez-vous n’avaient-ils pas mal aux oreilles d’entendre ces qualités de Ramose Botovasoa, eux qui sont chacun à mille lieux de ces qualités, eux qui sont à l’extrême opposé de la vérité, de l’abnégation, de la probité. Ils auront beau soigner les apparences, ils ont beau garder la mine sérieuse et intéressée de  circonstances, il faut admettre  que l’exercice du pouvoir rend nos dirigeants insensibles à tout si bien que même quand un message les vise à demi-mot, ils ne se rendent même plus compte qu’il leur faut faire une introspection, il leur faut porter un regard honnête sur leur personne. Et c’est cette honnêteté-là, ce regard honnête qu’ils doivent chacun porter sur eux-mêmes, c’est ce qui manque cruellement à nos dirigeants. En dehors du regard honnête, l’image que leur renvoie leur miroir est certainement fausse avec un miroir déformant la réalité !

D.R.

Lire aussi