La Gazette de la grande ile

sentinelle: En France, un va-t-en-guerre remplace un autre …

Publié le 17 avril 2018

Très surpris par cette attitude va-t-en-guerre du président français Emmanuel Macron, je croyais en ce jeune dirigeant français qui aurait pu apporter des solutions aux problèmes socio-économiques de son pays, mais qui a choisi de se jeter dans une guerre budgétivore qu’il aurait pu injecter pour les retraités, pour les paysans éleveurs ou pour les autres activités françaises nécessitant des aides d’urgence de l’Etat.

En devançant au niveau des actions les idées de son mentor Donald Trump, il veut devenir un chef de guerre du monde occidental. Pour les autres pays qui constituent la majorité silencieuse, il ne fait que reprendre le flambeau du précèdent président français Nicolas Sarkozy par son mode agressif dans l’exercice du pouvoir. On rappelle ici le rôle au premier plan qu’a tenu ce dernier en Libye pour démettre de ses fonctions sinon assassiner le président Mouammar El Kadhafi. En Irak, avec ses inamovibles alliés en l’occurrence les Etats Unis et la Grande Bretagne, ils ont pourchassé  les troupes loyalistes et tué le président Saddam Hussein sous des accusations fallacieuses de détention d’armes de destruction massive. En effet, ces informations ont été reconnues comme erronées peu de temps après, mais aucune sanction ne fut prise contre les éventuels responsables de ce génocide. Aucun acte de pardon solennel ne fut prononcé pour ces énormes bévues, or il y eut des milliers de victimes civiles et militaires lors de ces deux raids occidentaux cautionnés par l’Organisation des Nations Unies (ONU). Il y eut en ces moments le triste constat que les droits internationaux n’étaient pas pour les nations en état de faiblesse, et de conclure que tout n’est qu’hypocrisie. Le hic est qu’après s’être partagé le gâteau de la reconstruction de ces pays, ils ont laissé ces nations dans un chaos socio-économique et politique indescriptible jusqu’à nos jours. Tous les observateurs extérieurs étaient horrifiés par le syllogisme cynique présenté par les pro-occidentaux pour justifier leurs raids meurtriers. Cette ingérence mercantile ayant comme objectif non avoué, la richesse pétrolière des pays ciblés,  n’était un secret pour personne. Mais le reste du monde était impuissant vis-à-vis du dictat de l’occident qui possédait déjà les armes idoines pour asseoir leur hégémonie au niveau mondial. Cela lui a donné le droit de s’ériger en tant que gendarme de la planète. La pensée unique des Etats de seconde zone, imposée implicitement en  faveur de l’occident était de rigueur.

Eh oui, il fallait s’aligner à sa vision du monde sinon des sanctions socio-économiques ou autres pourraient s’abattre sur les pays empêcheurs de tourner en rond.

Le monde n’est qu’un éternel recommencement. La coalition entre Emmanuel Macron (France),  Donald Trump (USA) et Marisa May (Grande Bretagne) qui font fi de l’ONU pour perpétrer leurs attaques contre la Syrie de Bachar El-Assad, n’est ni plus ni moins qu’une  répétition de l’ingérence programmée dans les affaires internes d’un Etat souverain.

L’ONU carrément mise sur la touche vient de se plier sous le joug de cette trilogie appartenant au conseil de sécurité, et qui participe d’une manière importante au financement de cette dernière.

L’argumentation majeure présentée au reste du monde par Macron et consorts est l’irrespect par le pouvoir syrien de la résolution internationale sur l’utilisation d’armes chimiques. Elles ont été quand même utilisées contre les rebelles malgré des sommations de l’ONU. Comme la ligne rouge (imaginaire) a été franchie par l’armée syrienne, la réaction concoctée par les trois puissances va-t-en-guerre fut sitôt mise en application. Sur ce fait, on craint une escalade en guerre mondiale car les Etats d’Iran, le Pérou, la Chine et la Russie se sont déjà positionnés contre ces frappes occidentales.

La question qu’on se pose est : est-ce que cela vaut la peine de risquer une guerre mondiale ? Les victimes directes ou collatérales dans ce genre de confrontation armée à l’échelon planétaire seront chiffrées à des centaines de millions de personnes, et des centaines de milliers d’infrastructures de tous genres seront détruits.

En tant que Malgache, on ne sait pas si on va sortir indemne au cas où la guerre éclaterait. Par contre, si l’on est épargné de par notre situation géographique alors que la guerre fait rage ailleurs, les derniers que nous sommes seront parmi les premières nations de ce monde (LOL).

Concernant la France, on affirme qu’Emmanuel Macron a tenté de détourner l’intérêt public des mouvements sociaux qui gagnent du terrain en France actuellement, en suscitant le patriotisme cher aux Français à travers la frappe des rafales françaises  contre la Syrie.

On reconnaît  que protéger une communauté par un acte humanitaire est légitime, mais dans ce cas il est illégal au niveau international. C’est effectivement une action au prime abord courageuse et louable.

Toutefois, mettre en danger pour une raison de légitimité la paix dans le monde, ainsi que les vies de plusieurs millions de victimes innocentes au cas où cela dégénèrerait en guerre mondiale pour satisfaire son ego est une hérésie. On ne peut pas mettre sur une même balance ces deux faits si on est sain d’esprit. Recourir à la solution diplomatique était la meilleure des choses car il existe une institution internationale pour gérer les conflits de point de vue des nations en présence. Tomber dans des grandes déclarations pompeuses qui vous enchaînent et vous collent à la peau, et essayer de les respecter quitte à créer une guerre planétaire n’est pas de bon augure pour la paix. Bon nombre de chefs d’Etat n’ont pas résisté au fait d’être au sommet de la hiérarchie étatique et y sont devenus mégalos.

En sautant les balises constitutionnelles limitant leur pouvoir, certains ont dû récolter ce qu’ils ont semé à la fin de leur mandat, d’autres ont dû s’enfuir hors de leurs pays pour éviter la justice populaire.

Max Randriantefy

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