La Gazette de la grande ile

Hery sy Voahangy Mivady : faux pas qu’il ne fallait pas faire

Publié le 18 avril 2018

A mesure que le temps de la fin du mandat approche, le couple présidentiel semble engagé dans une course effrénée à la bêtise au sommet de l’Etat. Réellement. Il ignore indéniablement l’Histoire politique de son propre pays, d’où des bévues qui ont déjà eu lieu par le passé, encouragé par un entourage encore plus ignorant sinon je m’en foutiste uniquement dicté par l’ivresse du pouvoir ici et maintenant.

En cette année électorale, l’heure devrait être à l’apaisement, aux bilans des uns et des autres, surtout ceux du gouvernement de combat. Mais non, les gars au pouvoir se comportent comme s’ils venaient d’entamer leur première année au pouvoir. Et les faux pas qu’il ne faut pas faire se succèdent hebdomadairement sans espoir de rectification. En voulez-vous? En voici, en voilà.

Ayant misé sur l’exceptionnel savoir-faire du ministre coach de la région Boeny, Harry Laurent Rahajason alias l’ex-journaliste Rolly Mercia, le président Hery Rajaonarimampianina avait programmé de se rendre à Mahajanga le samedi 14 avril dernier, où il devait être accueilli en héros par un Pds (Président de délégation spéciale), le maire Mapar, Moktar Andriatomanga, étant déjà écarté avant l’heure, selon son procès par ledit ministre sur radio Antsiva, le vendredi 13 avril 2018. Pas de chance (la faute à Vendredi Treize, sans doute?) pour Hery vaovao : la magie Hvm (Haute voltige de mallettes) n’a pas opéré et 10 conseillers municipaux sur les 19 ont renouvelé leur confiance au maire déjà limogé, mais pas encore tout à fait. Il faut savoir que 11 conseillers avaient rassuré à 100%, Rolly Mercia, en lui jurant que ce limogeage passera comme lettre à la poste. Tous ont oublié que Dieu Zanahary existe et que l’histoire de 4X4, don de Turcs à la Mairie de Mahajanga, « accaparé par le maire » selon le ministre coach, n’a pas tenu la… route. Un mensonge énorme comme un camion de la part de ce ministre qui prétend donner des leçons aux journalistes professionnels.

Mais pas question de reculer pour le filoha hajaina. Il s’est donc pointé à Mahajanga le jour prévu, mais l’accueil de la population a été froid, quasi-désert. Et l’action des éléments de l’Emmoreg (Etat-major mixte opérationnel régional), filmés, qui ont raflé des banderoles de contestation des mains de citadins mécontents de la gestion des affaires de l’Etat en général, concernant la corruption en particulier, n’a pas arrangé les choses. Cependant, comme si de rien n’était, le président Rajaonarimampianina est allé inaugurer la rénovation et l’extension de l’hôtel «La Piscine» (existant depuis plus d’un quart de siècle) devenu, en trois ans de travaux, «Baobaob Tree Hotel & Spa» appartenant maintenant à Soudardzee Semir… Et c’est en salle –Aérophobie subite? En tout cas, cela s’est passé en vase clos littéralement, à l’hôtel «Les Roche rouges» (existant depuis 1962) cette fois-ci-, devant un parterre d’étudiants venus-on-ne-sait-trop-comment, que le champion du «Fisandratana 2030» a soutenu le plus sérieusement du monde que «le tourisme compte parmi les sept moteurs de croissance, dans la vision Fisandratana, le plan de transformation économique pour l’Emergence et de Renaissance de la Grande Île à l‘horizon 2030. Cet évènement est à marquer d’une pierre blanche pour la ville de Mahajanga, car elle peut désormais être fière de l’existence d’un établissement aussi prestigieux». Ainsi, pour une énième fois, le régime Hvm/Rajaonarimampianina (Rivo Rakotovao, président parachuté du Sénat et président du parti présidentiel, était présent) se met sous les feux des projecteurs d’un pseudo-développement sans bourse délié. Comme l’inauguration des 450 panneaux solaires de Jumbo Score à Antananarivo, le 12 septembre 2017. Et il est plus qu’évident que Soudardzee Semir de Mahajanga, sera un privilégié dans certains secteurs administratifs avec large retour d’ascenseur…

Seulement, dans cette inauguration de l’ex-«La Piscine», il est apparu que la population n’a pas été associée aux festivités. Alors, lorsqu’on lit ce qui suit sur le site officiel de la présidence, mieux vaut rigoler: « Les Majungais sont fiers de retrouver un de leurs patrimoines qui renaît sous l’appellation «Baobab Tree Hotel and Spa », après une parenthèse de trois ans ». Quels Majungais, dites-nous? Ceux de Manga et de Tsaramandroso? Voilà bien un faux pas qu’il ne fallait pas faire, au moment où le prix du sucre vient de s’envoler. Il faut noter l’absence très remarquée du très incompétent et inefficace ministre coach Rolly Mercia lors de cette descente présidentielle dans la Ville-des-Fleurs. Ben quoi? Il n’a pas réussi son coup de limoger le maire Moktar. Oui ou non? Un authentique faux pas de sa part qui pèsera lourd dans la balance au moment de rendre des comptes. Passons.

Après ce m’as-tu vu de monsieur le mari de Voahangy, c’est cette dernière qui a fait un faux pas. C’était à Vohipeno cette fois-ci, à l’occasion de la béatification de Ramose Lucien Botovasoa. Ce n’est pas sa robe de soirée ou sa beauté fatale qui est mise en cause, ici. Mais c’est la circonstance. En effet, il ne s’agissait pas de venir assister à un mariage à l’hôtel A&C, mais il s’agissait une béatification solennelle de l’église catholique romaine, sous les auspices du Pape François qui a rappelé, en italien, la tenue de la cérémonie, à partir du balcon de la place Saint-Pierre, le jour même. Voahangy X. oublie-t-elle le protocole? Lorsque la gent féminine va voir le Pape au Vatican, elle doit être drapée de noir sur la tête. Elle y est allée et elle s’est drapée de noir, le 28 juin 2014. A Vohipeno, elle et son mari, main dans la main, faisaient penser à de nouveaux mariés en voyage de noces. Un autre faux pas qu’il ne fallait pas faire devant des milliers de fervents catholiques choqués par cette tenue non adéquate pour le «fanandratana an’i Ramose Lucien Botovasoa ho Olon-tsambatra». C’était donc un «fanandratana Olon-tsambatra» et non un «fisandranata 2030».

Dans le volet « l’espoir (et non l’Espérance) fait vivre les imbéciles », le filoha Hery, un brouillon à la main, a été trempé de sueur lorsqu’il ne pouvait rien contre le «pouvoir» de la puissante église catholique romaine. En effet, son staff d’incompétents avait fait des pieds et des mains pour qu’il puisse prendre la parole lors de cette sainte cérémonie, devant des milliers d’électeurs potentiels. Mais le règlement est strict et a été respecté par le comité d’organisation de la cérémonie, qui a fait savoir au micro que la seule voix autorisée à prendre la parole est celle de Mgr Désiré Tsarahazana, président de la Conférence des évêques de Madagascar ou CEM. Il a déclaré, entre autres: « Soyons simples comme Ramose Lucien Botovasoa. Faisons en sorte que notre Foi ait des retombées positives sur la vie de l’église et de la nation. Vivons notre Foi comme le Bienheureux Botovasoa. Sa capacité à manifester sa simplicité lui a valu l’estime de tous ceux qui l’entouraient. Très intelligent, après ses études il est revenu simplement enseigner à Vohipeno. Il n’avait qu’un seul objectif: faire développer sa ville dans tous les domaines. C’était un homme honnête. Il ne s’est attaché ni à l’argent ni à la richesse terrestre ».

Pour le Cardinal Maurice Piat, Ramose Lucien Botovasoa est « un modèle au sein de la société, et a donné sa vie pour la défense des bonnes causes, c’est pourquoi le Pape François a décidé de lui attribuer une consécration de bienheureux. Le moment a été bien choisi pour procéder à la consécration du bienheureux Lucien Botovasoa, vu son sens de l’intégrité et de sainteté. C’est un homme juste, et un modèle à suivre, car il déteste la corruption et les affaires malsaines et injustes ».

Il faut rappeler, ici, que l’homélie de cette béatification de Ramose Lucien Botovasoa a été axée sur la corruption. Encore une fois, je ne crois pas au hasard… En tout cas, le filoha Hery aura compris que le règlement de l’église catholique romaine, en matière de «fanandratana», ce n’est pas la constitution d’une république bananière, que l’on peut violer chaque fois que l’on veut, sans état d’âme. Quand donc le couple présidentiel Hery sy Voahangy mivady et leur clique comprendront-ils enfin qu’à quelques mois de la fin du mandat présidentiel, ils ne sont pas du tout en odeur de sainteté auprès des chrétiens de Madagascar en général? Voici un extrait de Manou Razafy, paru dans le journal «La Vérité» publié en ligne le 15 avril 2018, à propos de ce faux pas des Rajaonarimampien à Vohipeno : « La zélée équipe d’Iavoloha a, en effet, négocié âprement à ce que son chef ait accès à la parole après le rituel de béatification. Mais le comité d’organisation a poliment refusé la requête jusqu’au bout. Le gel des discours a alors religieusement réprimé celui aux commandes de la Nation». L’auteur veut parler de l’homélie axée sur la corruption de haut niveau citée plus… haut.

Autre mauvais moment passé à Vohipeno par le couple Rajaonarimampianina, et que tous les téléspectateurs des chaînes privées ont pu voir. Au moment de quitter définitivement le lieu du culte, le chef de l’Etat a salué d’une main la foule. Cependant, celle-ci ne s’est même pas donné la peine de lui renvoyer la politesse. Cela veut dire ce que çà veut dire, mais c’est très grave pour l’avenir immédiat du couple «prezidansialy»…

Week-end pas de tout repos donc, à Mahajanga et Vohipeno, pour Hery sy Voahangy mivady. Le chef du gouvernement de combat, Olivier Mahafaly, lui, a été sauvé par une circonstance triste. En effet, il a été dépêché en Afrique du Sud pour représenter le filoha hajaina aux funérailles de Winnie Mandela, le 14 avril 2018.

Faux pas, semblent aussi rimer avec faux espoirs avec ce couple qui a fait tourner le peuple malgache en bourrique depuis plus de quatre ans. Les jours qui viennent ne seront pas de tout repos, croyez-en mon expérience d’ancien étudiant du 13 mai 1972. Faudra-t-il vraiment que l’Histoire soit un éternel recommencement le 21 avril 2018 ? Cher Hery : avant, on a toujours le choix; après ce sera toujours trop tard. On verra jusqu’où ira sa surdité.

Jeannot Ramambazafy

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