La Gazette de la grande ile

CHRONIQUE: Rumeurs de dissolution et d’ententes sournoises sous haute tension.

Publié le 04 mai 2018

Répercutée par les médias l’information sur l’ « opposition qui demande depuis le début de la semaine la démission du chef de l’Etat après que la manifestation du samedi 21 avril pour contester les nouvelles lois électorales ait dégénéré et fait au moins deux morts » occupe actuellement les esprits et donne un aspect très inquiétant sur la situation  qui prévaut actuellement à Madagascar. Réticente à toute médiation, les objecteurs de Tsimbazaza n’arrêtent pas  de  durcir  leur position au point d’indisposer une grande partie de l’opinion pourtant favorable à la fin du pouvoir HVM. Au lieu de rassurer l’opinion les réponses de  Hery Rajaonarimampianina  aux questions des organes parisiens RFI, AFP et Le Monde sur les  récents évènements, ne font que compliquer encore plus un climat politique très tendu à cause des morts suspectes lors de l’émeute du samedi 21 avril 2018. «Je leur réponds de manière très, très simple que je suis président par la volonté du peuple malgache. Il y a des millions de personnes qui ont voté pour moi et ce serait vraiment trahir cette volonté du peuple malgache que de démissionner, » a-t-il  affirmé.  Pour assurer la continuation de la contestation des parlementaires alliés aux partis TIM et MAPAR, les manifestants  conduits par les  députés en  écharpe obligent pratiquement les fonctionnaires de  chaque ministère à faire relâche pour  suivre le mouvement. Les menaces  sont  à peine  voilées à l’endroit des récalcitrants. Attitudes très mal prises par le public qui refusent de  comprendre et d’adhérer à des sollicitations qui  ressemblent un peu  trop à  une forme de  terrorisme verbale de la part des meneurs.

Afin  de  bien  comprendre le fond et les  mobiles  de ces  effervescences  qui  agitent  actuellement  la population  de la capitale et  que des organisateurs de cette opposition qui cache très mal ses visées insurrectionnelles, il faut  revoir les écrits de  Jean Fremigacci tiré de  son ouvrage titré « Madagascar ou l’éternel  retour de la  crise ». Ce  spécialiste de Madagascar sur un ton très docte nous  apprend que depuis l’indépendance  jusqu’à nos  jours,  l’émergence d’une caste militaire aura une  très  grande influence sur les  crises de 2002 et 2009 Il ajoute : «  Enfin le gonflement, à la faveur des nationalisations et de la mise sous contrôle de l’économie, d’un appareil d’État incompétent, prédateur et corrompu va accélérer la paupérisation de la population, le laminage de la classe moyenne, et l’enrichissement d’une nouvelle minorité de profiteurs. Le caractère oligarchique du pouvoir va se renforcer en se renouvelant. À ce stade de l’analyse, nous pouvons nous pencher sur les structures profondes de la culture politique malgache qui sont entrées en collision avec les conceptions de base du modèle d’État démocratique importé d’Occident, entraînant ainsi la situation d’anomie sociale et civique que l’on a pu observer ces dernières années. » Soulignant très  bien aussi les contradictions structurelles « dans le cas de Madagascar, où l’ingouvernabilité du pays me semble résulter principalement d’une interaction entre idées occidentales et conceptions autochtones traditionnelles qui se sont mutuellement perverties » précise-t-il. Révélation inouïe du même auteur  «D’ailleurs, le paysan qui constitue plus de 80 % de la population en 1960 ne pense nullement que c’est à lui de désigner celui qui doit exercer le pouvoir, mais à Dieu et aux ancêtres. »   C’est  dans un  tel contexte qu’en 2018, les  consultations électorales  si jamais  elles  auront lieu,  vont  se dérouler  encore  et  toujours. Qu’on le veuille ou pas les  coups bas de la  basse politique et les  coups   de  pouce des  intérêts concernés  feront le reste. Les  zizanies des parlementaires qui s’accusent de  corruption et de  tous les maux nous  donnent  d’ores  et  déjà un aperçu très  révélateur de la prochaine course à la  présidence. Même s’il ne voit pas  d’inconvénient aux  candidatures  des  « deux patrons » des parlementaires  de la  Place  du 13 Mai, et affirme  qu’« il n’appartient pas à un président en exercice de choisir tel ou tel candidat ou d’empêcher tel ou tel candidat, s’il devait l’être… »,  le fait  qu’ils se  sont  rendus  sur la Place  du  13 Mai  l’ «  étonne. Parce  que,  si on est candidat, me semble-t-il, on est candidat dans le cadre des élections, mais pas dans le cadre d’une manifestation dans la rue. »

La méfiance n’a plus  de  camp si l’on  en juge par les petites  phrases assassines, les mots  qui  fâchent et les provocations  sans  équivoque qu’on  se lance par médias interposés. Il n’est  donc pas  étonnant que dans l’espoir vain  de  voir  se  terminer ce bras  de  fer  entre le pouvoir et les  foules fanatisées à  dessein par des  agitateurs acquis à on  ne sait  quelles  causes  qui  ne veulent pas  tenir compte des  appels au  calme, des acteurs politiques  s’amusent à propager les  rumeurs les plus  folles. Il est  question pour  certains  de faire  croire  que les  noms  d’Orlando ou d’un certain  Hary Andrianarivo pourraient être  retenus pour occuper le Palais du  Premier ministre à  Mahazoarivo  en  vertu  d’on  ne sait  quelle  entente ? D’autres insistent toujours  pour faire  admettre qu’en  cas  de  connivence  tactique  entre les  chefs de  file  des partis  en bisbille,  Rivo Rakotovao  serait  sacrifié au nom  d’un pacte de  non agression nécessaire pour un  retour au  calme. Elucubrations  que  tout  cela,  surtout  que pour le  président  Hery Rajaonarimampianina  ses relations  avec Marc Ravalomanana et Andry Rajoelina « ne sont pas  du  tout  dans le cadre  d’une  logique  d’affrontement » mais seulement du domaine des  non-dits à propos des  conditions  d’éligibilités…Et le fondateur  du parti présidentiel  candidat potentiel  du  HVM  de confirmer son  credo sur  la « logique d’aller vers les élections, trouver l’apaisement et la stabilité dans ce pays. Donc, s’il y a des problèmes ou des questions à discuter, je pense que c’est autour d’une table qu’on doit discuter, mais pas dans la rue. » Même si  en face on  a  du mal  à le croire. On se trouve donc  dans une  conjoncture que Jean Fremigacci  prévoyait avec justesse comme  ci-après  «  avec la prolongation de la crise de gouvernance, l’oligarchie postcoloniale évolue plus nettement vers une ploutocratie nationale aux appétits insatiables, avide de profiter à plein du cycle en cours du bois de rose et des produits miniers. Un disciple du Marx du Dix-huit brumaire de Louis Napoléon Bonaparte écrirait que, comme avec les Bonapartistes, commence alors le règne des voyous avant tout pressés de faire fortune. Tandis qu’en face, en 2009 comme en 1991 et en 2002, les mouvements urbains s’imposent comme un nouveau mode de régulation et une nouvelle tradition politique. » Comprenne  qui voudra ! Un autre  expert  de notre  histoire trouve lui qu’à défaut du «très improbable l’apparition d’un leader charismatique (…) il ne resterait plus à la Grande Île que la perspective de la domination illégitime, une tyrannie, que le gonflement continu d’une caste militaire rend sans cesse plus menaçante. L’émergence de Madagascar comme nation est peut-être en cours, mais elle est toujours problématique. mais elle est toujours problématique»  Si on  le pays  est  réduit à se  résigner à  une  pareille  éventualité c’est parce  qu’ « un appareil d’État incompétent, prédateur et corrompu va accélérer la paupérisation de la population, le laminage de la classe moyenne, et l’enrichissement d’une nouvelle minorité de profiteurs. Le caractère oligarchique du pouvoir va se renforcer en se renouvelant. À ce stade de l’analyse, nous pouvons nous pencher sur les structures profondes de la culture politique malgache qui sont entrées en collision avec les conceptions de base du modèle d’État démocratique importé d’occident, entraînant ainsi la situation d’anomie sociale et civique que l’on a pu observer ces dernières années ». Il appartient à nos  turbulents  parlementaires le réalisme  d’un  retour dans les  travées de l’Assemblée Nationale.  Convaincu  comme il  est  que «s’il y a des problèmes ou des questions à discuter, je pense que c’est autour d’une table qu’on doit discuter, mais pas dans la rue. »  Ce président qu’Andry Rajoelina et  sa troupe  avaient  conduit dans un palais  présidentiel n’aura  aucune  hésitation pour « dissoudre l’Assemblée Nationale ». L’addition sera sûrement  très  salée pour le Budget  national et le  volet  social du pays. Mais soyez certain, un retour à la case départ ne sera  permis  qu’ à quelques  rares  élus  qui  auront les  reins  assez solides pour  affronter l’offensive de nouveaux prétendants pratiquement financés par l’homme  fort actuel, même si pour le moment il est  dans  ses petits  souliers.   

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