La Gazette de la grande ile

Edito: Quand les députés pour le changement investissent la Radio Nationale

Publié le 04 mai 2018

Samedi dernier, les députés pour le changement ont investi la Radio Nationale réclamant le droit d’entrer à l’antenne pour parler à la population ou plutôt pour « rendre compte à la population ». Effectivement, la RNM a été de tous les régimes la voix de son maître : elle l’a été sous Ravalomanana, elle l’a été sous Rajoelina et elle l’est sous Rajaonarimampianina. Certains de ces députés pour le changement avaient déjà eu des responsabilités dans les précédents régimes et savent mieux que n’importe qui que la RNM, la seule radio qui a une couverture nationale, n’a jamais été une radio de la population, mais a toujours été utilisée par les dirigeants successifs comme étant une radio du pouvoir en place. On a eu la période où la RNM ne parlait que du cher Président Ravalomanana, on a eu la période où la RNM ne parlait que du cher Président Rajoelina, on a la période où la RNM ne parle que du cher Président Rajaonarimampianina. Dans beaucoup d’endroits, les gens n’écoutent pas les nouvelles de la RNM tant elle est devenue une radio accro du culte de la personnalité et cela depuis l’ère ratsiraka, puis sous Ravalomanana, Rajoelina et Rajaonarimampianina!

Certains des députés du changement d’aujourd’hui avaient utilisé la RNM à cette fin du temps où ils étaient à la tête de l’Etat. Sachant cela, s’étant également servis de cette même Radio Nationale pour faire l’éloge de leur personne, les Ravalomanana et Rajoelina découvrent aujourd’hui à quel point ce qu’ils avaient fait eux quand ils étaient à la tête de l’Etat était abject, car aujourd’hui, c’est leur autre frère siamois en la personne de Rajaonarimampianina qui fait exactement ce qu’ils avaient fait ! Ce qui par contre reste véritablement déplorable dans l’attitude de ces députés du changement, c’est de s’en prendre aux journalistes de la RNM : entrer de force dans leur lieu de travail que sont les locaux, s’en prendre à ces journalistes qui gagnent difficilement leur vie, mais qui bossent là, car il est préférable d’avoir un travail que ne pas en avoir. Rien n’est pire que d’entrer de force dans le lieu de travail d’une personne, c’est comme violer son intimité. Alors, certains ne se sentant plus avaient dit que cette radio est la Radio du peuple, soit. Mais le palais de Tsimbazaza est aussi le palais du peuple. Comment les députés réagiraient-ils si pendant les vieilles périodes où on distribuait tablettes et mallettes, les périodes pendant lesquelles les députés se battaient pour leurs voitures, leurs indemnités, comment les députés réagiraient-ils si à ces moments-là, des personnes se sont mises à investir de force leur lieu de travail parce que Tsimbazaza est le palais du peuple? Un des députés du changement, n’a même pas pu se retenir et a dit qu’ils se laveront les mains si la population vient à Anosy à la RNM, que c’est ce genre de choses qui a entraîné l’incendie de la RNM en 2009.

Est-ce digne de députés de s’adresser ainsi à de simples employés de la RNM, est-ce digne de députés de faire de lourds sous-entendus sur ce qu’est devenue la RNM en 2009, est-ce digne de députés qui à un moment ou un autre, se sont servis de la RNM quand ils étaient dans l’exécutif ou proches de l’exécutif d’agir ainsi avec des journalistes qui ne font que leur travail à savoir partager les informations du pouvoir et ce depuis belle lurette, et ce aussi bien sous Rajoelina que sous Ravalomanana? Le changement que devraient apporter ces députés, c’est la dignité dans l’exercice de leur fonction ; c’est le respect de l’autre, le respect de l’opinion de l’autre ; c’est justement d’apporter le changement en n’utilisant plus la manière de 2002, ni celle de 2009, mais d’autres manières plus dignes, plus respectueuses des personnes et des biens. C’est de toutes ces choses qu’un  certain nombre de la population en a marre. Même si on n’approuve guère la RNM voix de son maître, on ne peut que comprendre le sentiment qui anime aussi ces journalistes de la RNM quand ils voient débarquer sur leurs lieux de travail des dizaines de personnes avec des journalistes pour les filmer et enregistrer les conversations en direct pour faire du sensationnel !

D.R.

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