La Gazette de la grande ile

chronique: Ceux qui prennent leurs vessies pour des lanternes

Publié le 08 mai 2018

Diogène est un grand philosophe  grec  contemporain de Platon qui partageait sa vie  entre Athènes et Corinthe.  Il faisait partie d’une  secte  de philosophes « à qui on reprochait d’être mordants et sans pudeur, comme les chiens (d’où le mot cynique. Diogène était également surnommé « Le Chien »). Il méprisait toute forme de richesse et les conventions sociales qui étaient, selon lui, une entrave à sa liberté. » Il affirmait même « que le but le plus élevé de la vie était la satisfaction de tous les besoins. Les besoins naturels et nécessaires (boire, manger, dormir) ; les besoins naturels mais non nécessaires (l’amour). Quant aux besoins non naturels et non nécessaires (pouvoir, renommée, argent), chacun devrait arriver aisément à s’en passer. » En cette période  de la confusion  sociale  et surtout intellectuelle de la vie  nationale, il  est bon  de  se souvenir  d’un  tel  sage qui, à Alexandre le Grand lui interrogeant «pour savoir s’il souhaitait quelque chose ; en réponse, Diogène lui demanda de ne plus cacher son soleil ! « Ôte-toi de mon soleil »… A la question que lui posaient les gens de savoir pourquoi il se promenait avec une lampe à midi, il répondit : « Je cherche l’Homme, et je ne vois que des hommes ! ».

Voilà une répartie  qui mérite d’être approfondie par tous  ceux  qui se prennent pour des lumières  et n’arrêtent pas  d’embobiner les  gens dans leur quête jamais  assouvie du pouvoir,  des  richesses  et des honneurs. Alors  qu’ils s’obstinent finalement à prendre leurs vessies pour  des lanternes  au lieu  de faire comme Diogène afin  de  trouver un  « homme » un  vrai,  un  homme d’Etat pour sauver la patrie du naufrage inévitable si les protagonistes bornés des  récents  évènements  qui ont  pratiquement bouleversé la vie  de la capitale au  point de  chercher  encore à  chambouler les  réalités  déjà catastrophique  de  tout un peuple. Personne ne peut nier  que le   président mis en place par la communauté internationale  dans l’espoir de  sortir Madagascar de la crise n’a pas  su profiter de  cet état de  grâce offert sur un plateau d’argent. En l’absence  d’une  base politique stable  et solide, il était dès le départ confronté à une opposition permanente des partis  TIM et MAPAR.  Au nom  d’une  alliance  contre-nature, ils    faisaient  cause  commune pour déstabiliser sans désemparer un pouvoir qui  reposait  sur les  alliances  de circonstances  versatiles de quelques parlementaires  acquis  au  sens propre comme  au figuré pour le soutien  d’un  parti présidentiel qui n’avait même pas  un   député à l’Assemblée Nationale. La détermination  affichée officiellement  d’instaurer l’assainissement des pratiques  financières, la bonne  gouvernance  et la  lutte  contre la corruption  bute finalement contre la mauvaise  foi des  « réseaux recyclés et  blanchis » qui  composaient l’ossature de  son  équipe. Le lourd  héritage d’une Transition qui avait marqué le premier cercle, les  courtisans et toutes les structures des institutions à cause  de la puissance  de l’argent des  divers trafics extrêmement profitables (bois de rose, exploitations minières et octrois  illicites des marchés publics) ont  fini par  avoir  raison de l’image de Hery Rajaonarimampianina. Pire les  suspicions de protections  des mains  criminelles mêlées à des kidnappings et  autres  actes  de grand  banditisme  n’arrêtent pas  d’éclabousser l’entourage immédiat du  Chef de l’Etat. Les observateurs n’ont pas manqué  de  retenir qu’en  déclarant aux médias  que  des investigations  seront  faites  dans  ce  sens  et  que les  résultats  seront  rendus publics, Olivier Mahafaly fait  depuis l’objet de menace de limogeage. Serait-ce parce que  cette  forme  de zèle risquerait de  gêner quelque part des  courtisans et des  courtisanes ?

Comme il  fallait  s’y  attendre, les  occasions  ne manquaient pas pour concrétiser  ce  qu’un   analyste  très lucide  avait détecté longtemps  avant même que  cette  émeute  du 21 avril 2018 ne  deviennent une journée dramatique  avec  morts d’hommes. Il avait prévenu car il trouvait : « Madagascar dans un  contexte pré  crise » Il avait écrit en novembre 2014 déjà, que deux  des  quatre  facteurs qu’il avait subodorés « semblent  réunis pour aboutir à un  scénario semblable à  celui  de 2009, déjà  documenté et  dont il  convient de  retenir une  leçon essentielle : loin d’être  une  révolution de rue, il  s’agit d’une opération  de  déstabilisation  du  régime Ravalomanana » par  un « cercle élitaire » (composé de politiques,  de  religieux,  de militaires  et d’opérateurs économiques) qui  partageaient l’intérêt commun de renverser le président Ravalomanana et  son  système patrimonialiste. » Au risque de  se tromper Jean  Fremigacci  avait même annoncé  dans un  article  de Le Monde du 23 mars 2015 « La crise politique et  économique dans laquelle continue de  se  débattre Madagascar pourrait bien  se terminer par l’arrivée d’une  junte militaire à la tête  de l’Etat ». Parce que poursuit la  source « Le président Hery Rajaonarimampianina été  élu depuis plus d’un  an et il ne parvient toujours pas à  s’imposer. Une ploutocratie est  aux  commandes au pays et  si ça  continue  comme  ça… » Pour le moment, la Grande  Muette  s’en tient à  son  rôle de gardien  de la sécurité républicaine.  Par contre répercutée par  tous les médias  du  reste  du monde « Une manifestation organisée le samedi 21 avril 2018 par des députés de l’opposition pour protester contre les récentes lois électorales votées le 4 avril a dégénéré dans la capitale. Interdite par les autorités, la mobilisation a donné lieu à des affrontements avec les forces de l’ordre… »  Ce qui  devait arriver  arriva. Une  dépêche  de  RFI  datée  du 6 mai 2018 publie  qu’au  15e jour de mobilisation à Madagascar, le samedi 5 mai, les députés de l’opposition ont organisé des rassemblements dans toutes les grandes villes de l’île. Même si  « Si la Haute cour constitutionnelle leur a donné en partie raison jeudi en révoquant plusieurs articles des nouvelles lois électorales adoptées au parlement un mois plus tôt,… »  Comme pour  confirmer  la réaction  du président de la République  qui  a  déclaré à la presse  parisienne : « J’ai déclaré que c’était purement et simplement un coup d’Etat. Donc, ce n’est pas une question de peur d’être renversé ou non. » A propos  des militaires  accusés d’avoir tiré à balles réelles sur les manifestants, il  va même jusqu’à ajouter « Je pense que personne n’a donné des instructions aux forces de l’ordre pour tirer et surtout, pour tirer avec des balles réelles. Ça, c’est toujours une méthode pour dire que le responsable, c’est le gouvernement, ce sont les autorités. (…) On veut imputer sur l’Etat une responsabilité qui n’est pas la sienne. » A l’heure  qu’il est parce  les députés frondeurs  de la Place  du  13 Mai refusent les mains  tendues par la communauté internationale  et les  Eglises dans leur  souhait  de mettre  fin la  crise  et  d’écarter les  risques  de pourrissement de la situation  les réticences  des parlementaires conduisant l’agitation commencent à  irriter les gens. Surtout que  «ce  qui  devait  surtout être un  rapport sur les lois  électorales à la population  a  rapidement tourné à un  rassemblement politique » dont le  cri  de  guerre  est  devenu maintenant « Président dégage ! ». Les masques  sont tombés et les ambitions les plus mesquines apparaissent aux  détours des discours de  ceux  qui des  deux  côtés  de la barrière prennent leurs  vessies pour  des lanternes et ne  rêvent que de privilèges, d’enrichissement rapide  et illicite. En déshabillant Hery  pour  habiller  Rajoelina… Tout le  reste n’est  que manipulation. Qu’est-ce  qu’il  attend  ce  président  sortant pour mettre  en place un  scénario type  Ratsiraka-Razanamasy avec un  homme  de  confiance  et  de  valeur  comme le  général  Roger Ralala, un  collaborateur loyal et  compétent ?

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