La Gazette de la grande ile

Sentinelle: Cogitation d’un pauvre…

Publié le 15 mai 2018

Nous Malgaches peuple de Madagascar, les dirigeants de notre pays nous tiennent un langage que nous ne connaissons pas. Il nous parle de croissance, à 1 ou 2 chiffres, d’émergence, de PIB, de développement durable et tous les grands mots que nous ne sommes pas à même de comprendre et nous font baisser les yeux tellement nous avons honte de notre pauvreté intellectuelle. Ces gens qui sont au pouvoir ne sont plus dans notre univers ou dans notre monde qu’est la survie journalière. Mais est-ce notre faute d’avoir été entraîné par ces beaux parleurs sur le chemin de la déchéance ? Nous avons cru en eux pendant des décennies, effectivement après les crises sociales qui se sont suivies dans le pays, chaque fois on a eu un regain d’espoir pour nous sortir du marasme socio-économique dans lequel nous étions tombés. Mais triste était le constat car un train en cachait un autre, et nous étions réduits au rang de nos zébus qui regardaient le train passer (omby mijery flora) sans l’ombre d’une réflexion intelligente à soumettre à ces intellos qui nous gouvernent. Le pire est que l’éducation qu’on nous a donnée depuis l’ère Ratsiraka ne nous permettait même pas de discuter avec ces gens du pouvoir et encore moins avec les bailleurs de fonds étrangers qui nous paraissent comme des dragons prêts à nous dévorer. S’il nous venait à avoir un peu de courage pour expliquer en haut lieu notre situation de survie actuelle alors que nous avons vécu à l’aise dans le temps, et de demander du travail pour y remédier, il nous fallait y aller au moins à deux car seul il est quasiment impossible de parler sans trembler, d’aligner les idées et d’empêcher les genoux de se dérober. En effet, notre confiance fut boostée par la légitimité de notre démarche. On s’est toujours dit qu’il vaut mieux mendier un boulot plutôt que de voler (Aleo mangataka toa izay mangalatra). Mais notre détermination s’est peu à peu effilochée à mesure qu’on nous laissait pendant de longues et terribles heures en attente. La suite à notre demande, on préfère ne plus y penser vu la prestation catastrophique que nous avons montré en face de ces hommes du pouvoir qui nous jugeaient, et nous considéraient comme plus bas que le tapis que nous avons osé fouler.

Que c’est dur d’être le pauvre dans son propre pays. Alors on se demande quels sont nos droits ? On nous a toujours dit que « Nul n’est censé ignorer la loi ». Mais comment nous informer sur ces lois, ordonnances et arrêtés qu’on nous balance dès qu’on essaie de faire quelque chose ? Ce qu’on a effectivement compris, c’est que rien ne nous est permis dans cette ville d’Antananarivo dans laquelle on compte élever et éduquer nos enfants. Pour nous en sortir, il nous faut des terres à cultiver, mais comment avoir accès à la terre ? On a aussi ouï dire qu’il existe des financements pour les pauvres, mais comment y accéder ? Nous peinons à satisfaire nos besoins les plus primaires qui sont : de manger, d’avoir accès à l’eau potable, de dormir sous un toit décent, de vivre en sécurité et que nos enfants aient droit à l’éducation, mais où trouver un travail assez rémunéré pour faire face aux dépenses que tout cela nécessite ?

Nos âmes sont en perpétuel errement actuellement. Le jour, elles cogitent pour trouver de quoi faire survivre nos familles, la nuit elles sont en mode surveillance pour se protéger des voleurs qui ont les mêmes problèmes que nous. Alors il est pour moi temps de trouver une religion qui me convienne, car celle à qui j’ai confié ma vie auparavant a l’air de ne pas se soucier de ma famille et moi. Mais entre toutes ces sectes qui pullulent dans la ville, qui pourra me garantir un meilleur avenir ?

Max Randriantefy

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