La Gazette de la grande ile

Départ de la Place du 13 Mai: Le Mapar finira comme le Mfm !

Publié le 20 juin 2018

L’avenir du Mapar apparaît bien sombre. Car ce parti, bien que jeune encore, semble promis à l’effritement et au déclin. Et cela, en raison de son retrait soudain de la Place du 13 Mai qui a provoqué énormément de récriminations et de reproches, même au sein du parti. A la faveur de cette initiative soudaine, les germes de la décomposition ont été inoculés au Mapar. Car l’effondrement est le sort que l’opinion publique réserve aux partis qui abandonnent leurs camarades de combat et qui passent à l’ennemi. Il n’est que de voir la triste situation actuelle du Mfm pour s’en convaincre…

Aux côtés du Tim, du Mmm, du Hiaraka Isika et des Indépendants, le Mapar a conquis de haute lutte la Place du 13 Mai le 21 mars. Le sang des militants tombés sous les balles à cet endroit aurait dû sceller l’alliance de ces frères d’armes. Mais à mi-chemin et alors que les objectifs étaient loin d’être atteints, Andry Rajoelina, chef et fondateur du Mapar a donné à ses troupes l’ordre de battre en retraite et de déserter les lieux. Qu’adviendra-t-il des compagnons d’armes abandonnés à eux-mêmes ? On ne le sait encore… Pourtant, le Mapar était la composante la plus puissante du front et sa vocation était de servir de rempart contre les représailles du régime. Actuellement, face à un combat dont l’issue est devenue incertaine, les grévistes, les syndicalistes et les militants s’inquiètent à juste titre…

Pourquoi le Mapar pourrait-il finir comme le Mfm ? Car l’opinion publique de la capitale (locomotive de toute l’île) n’admet pas les manquements au devoir de fidélité et à l’obligation de loyauté. Elle tourne le dos à ceux qui commettent des bassesses et le Mfm qui a lâché ses frères d’armes en plein combat s’en mord encore les doigts. Rappelons que lors du mouvement populaire de 1991, particulièrement implacable car l’adversaire (l’amiral Didier Ratsiraka) était des plus coriaces, les Forces Vives Rasalama et le Mfm ont fait cause commune sur la Place du 13 Mai. En juillet 1991 et alors que l’affrontement a déjà duré quatre mois, le Mfm a subitement quitté la Place du 13 Mai. On n’épiloguera pas sur les motifs qui sont longs comme ceux d’aujourd’hui, mais ce geste d’infamie ne fut jamais digéré par l’opinion et est directement à l’origine de la lente agonie du Mfm. Le public a au plus haut point le sens de la correction et n’accepte pas les lâchages et les déloyautés. On ne sait jusqu’où le Mapar sera puni, mais on se réfèrera au sort du Mfm pour s’en faire une idée. A l’élection présidentielle de 1989, le chef du Mfm Manandafy Rakotonirina fut le challenger le plus sérieux et se classa second avec 20% des voix, contre 62,7% à l’amiral. Selon les estimations, l’homme en fait a obtenu environ 40 ou 45% des voix, mais son score a été rogné par un régime omnipotent. A l’élection présidentielle de 1993, après la «perfidie», il ne décrocha plus que 10,21% des voix. Conscient de la vive hostilité de la population à son égard, Manandafy Rakotonirina n’entra pas en lice en 1996 et laissa le champ libre au trio  Zafy Albert-Didier Ratsiraka-Herizo Razafimahaleo. Idem en 2001 où il soutient l’ «homme nouveau » Marc Ravalomanana. Même scénario aux législatives car si le Mfm avait deux députés à Tana-Ville avant l’infamie (Germain Rakotonirainy et Razafindrakoto Jules), aux élections de 1993, il n’a pu en placer aucun, le lot de consolation était constitué de Gérard Rabevohitra (Ambohidratrimo). En tout cas, si à ce scrutin de 1993, le Mfm a décroché 14 sièges sur toute l’île (dont Manandafy Rakotonirina dans le Manandriana), en 1998, il ne put en obtenir que deux (Pety à Ikalamavony et Rakamisilahy Martial à Manakara). Actuellement, le Mfm n’en a pas un seul et n’est plus qu’une loque dont les rares ténors ont rallié le régime.

Que peut faire le Mapar pour échapper à une telle fatalité ? En tout cas, livrons ces données afin que le DJ connaisse la …. chanson.

Adelson RAZAFY

Lire aussi