La Gazette de la grande ile

edito: PLACE DU 13 MAI Orateurs inédits…

Publié le 20 juin 2018

Après le départ des députés du Mapar et de leurs orateurs éloquents comme Razafitsiandraofa Jean Brunelle ou Tinoka Roberto, la Place du 13 Mai a mis en lice hier des discoureurs de talent nouveaux sur le site. En premier lieu Ramino Jean, jadis chef du fokontany d’Andravoahangy-Ambatomitsangana et un des leaders du mouvement de 1991 sur la Place du 13 Mai. Lors de la marche tragique du 10 août 1991 vers le palais d’Iavoloha, il s’était tenu en première ligne et a suscité l’admiration par son courage et son mépris du danger. L’homme pourtant est un handicapé qui a perdu l’usage d’une jambe et ne se déplace qu’avec une béquille. Hier sur le parvis, son éloquence brouillonne et interminable a à la longue provoqué l’irritation de l’assistance. Ensuite Henri Rakotomalala dit Riri Be, ex-agitateur de Toamasina qui s’en est pris naguère aux …pro-Ravalomanana, lors des évènements de 2002. A la tête d’une milice dite Zatovo et aux côtés de Goolam dit Doudoul et de Norbert Razafimbelo (cousin de Ramanantsoa Benjamina), il a défendu le camp ratsirakiste et a commis des exactions à l’encontre des pro-Ravalomanana. Hier, son passé fut oublié, et ayant pris avec fougue le parti des députés Tim, il fut très applaudi en raison de sa flamme. Enfin Constant Raveloson, ancien ténor du parti prolétarien Mfm et ex-dirigeant du TM, le syndicat de ce parti. Orateur volubile qui excelle dans la dialectique marxiste, l’homme a su enthousiasmer la foule avec son ardeur et son sens des formules percutantes. Constant Raveloson est la dernière survivance du passage du Mfm dans le camp de Marc Ravalomanana, les autres, à commencer par Manandafy Rakotonirina, ont pris le large et ont rallié Hery Rajaonarimampianina.

Moins de monde en tout cas hier sur la Place du 13 Mai. Peut-être en raison de la défection des députés et militants du Mapar. Peut-être surtout en raison de la retransmission des matches de la Coupe du Monde de Football dès 14 heures. Sur la Place du 13 Mai comme dans les ministères et départements, beaucoup de grévistes s’éclipsent vers midi et ne reviennent plus. Ceux-là souhaitent que le mouvement dure au moins jusqu’à la finale…

A.R

 

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