La Gazette de la grande ile

CHRONIQUE DE N. RAZAFILAHY: Ravelonarivo arrive avec un air de fête sur fond d’exaspération

Publié le 22 juin 2018

A quelques jours de la Fête Nationale du 26 Juin, la population malgré le contexte de paupérisation qu’elle vit journellement tente tant bien que mal de vaquer à ses occupations quotidiennes tout en se préparant aux festivités des prochains jours avec ce courage et ce sourire que le monde entier admire. Sans toutefois changer d’opinion sur leurs considérations très critiques sur les dirigeants et les courtisans qui profitent des deniers publics pour se construire des fortunes colossales au pays et dans des comptes discrets dans les paradis fiscaux ainsi que des immeubles en terres étrangères dignes des nababs d’Arabie. Décidé à changer la manière de faire et de conduire la politique à Madagascar, ancien Premier ministre bafoué par un président qui se permet de changer de Chef de gouvernement 4 fois en quatre ans d’un mandat au bilan pas très reluisant, le Général Jean Ravelonarivo a choisi ce jour pour rendre officiel sa candidature pour la prochaine élection présidentielle. Sans soucier des embûches bassement politiciennes que représente cette agitation pour l’agitation de ce qui reste de contestataires du parvis d’Analakely, il invite aujourd’hui le public à assister à ses premiers pas dans l’arène pour l’entendre affirmer son credo sur l’avenir légitime qu’un homme d’Etat digne de ce statut doit réserver à tous les habitants de cette île.

Voilà déjà deux mois qu’aux yeux du reste du monde et rapporté par les médias « Parti d’une contestation des nouvelles lois électorales, le mouvement mené par les députés de l’opposition s’est rapidement focalisé sur la destitution du président de la République. Et si la Haute Cour constitutionnelle (HCC) a accédé à la première requête des députés en toilettant une partie des dispositions qui leur posaient problème, les textes de loi ne sont plus du tout la priorité. (…). Parce qu’une opposition réduite à quelques centaines de participants réclame encore et toujours sur la Place du 13 Mai « la destitution du président de la République ainsi que la dissolution de toutes les institutions. La médiation internationale n’a rien pu faire. À quelques mois de l’élection présidentielle, le pays semble dans l’impasse».

Loin d’être désorienté par ce climat délétère qui prévaut surtout dans la capitale, le prétendant à la succession du fondateur du parti HVM persiste et signe. Il y a aussi cette soudaine recrudescence suspecte d’une insécurité très cruelle dans les zones rurales qui semble prendre sa source dans certains milieux occultes qui tentent par tous les moyens de faire durer cette sensation de menace permanente terrorisant les habitants en les empêchant de jouir en toute tranquillité de leurs biens (les troupeaux de zébus, les récoltes de riz,  de vanille et de girofles de leurs cultures). Les axes routiers ne sont plus aussi sûrs en rase campagne. Depuis quelques temps, les attaques perpétrées par des bandits des grands chemins ont fait beaucoup trop de victimes parmi les transporteurs et les guides des destinations touristiques. C’est comme si quelque des intentions malveillantes cherchent à rendre dangereux les circuits les plus fréquentés des provinces par les visiteurs…Histoire de casser le circuit économique généré par l’hôtellerie et la restauration qui, en plus de leur rôle de sources de devises étrangères, elles font vivre un personnel entièrement dépendant de l’affluence de la haute saison du Tourisme avec un grand T.

Et c’est justement dans l’espoir d’éradiquer de tels problèmes préjudiciables pour la situation économique en général et les retombées des activités porteuses de revenus en particulier, que l’opinion souhaite ardemment qu’un fils de ce pays, ayant la détermination et le savoir-faire pluridisciplinaire de Jean Ravelonarivo sollicite la consécration populaire par les votes et le verdict des urnes. Il sera bien sûr confronté aux rivalités incontournables avec le président sortant et les deux anciens présidents (Andry et Ravalo). La mémoire collective garde toujours présent à l’esprit les souvenirs des actes de courage patriotique et de rigueur institutionnel d’un général dans l’exercice des fonctions constructeurs et légalistes de chef de gouvernement. Il va falloir les comparer avec les mauvais moments, les cruelles tueries fratricides des réservistes, les méfaits de la voyoucratie durant l’ère Ravalomanana suivis par les actes abusifs, les combines de tous les trafics et des pratiques financières malsaines de la mauvaise gouvernance d’un régime de Transition conduite par Andry Rajoelina. Le poids des raisons de le préférer aideront le choix des électeurs à basculer en faveur du candidat Jean Ravelonarivo. Les avantages pèseront sûrement plus lourds et favorablement pour ce natif d’une commune lointaine oubliée comme des milliers d’autres par ces rivaux « has been » nostalgiques de l’usage des privilèges des prérogatives étatiques à sens unique vers leurs intérêts égoïstes. Madagascar a besoin de changer de manière pour faire la politique. Pour que désormais les habitants ne subissent plus les malheurs des réalités que les observateurs attribuent à « une corruption généralisée et la mise en place systématique (avec la complicité de nombreux responsables publics) de circuits illicites et mafieux de détournements des ressources naturelles (bois de rose) et minières (or et saphirs), la persistance de l’exclusion de l’immense majorité de la population (placée le plus souvent en simple situation de survie). »

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