La Gazette de la grande ile

Croissance sectorielle: Révision à la baisse

Publié le 22 juin 2018

Une rectification de la Loi de Finances Initiale  2018 (LFI) est  en cours.

Elle est nécessaire à cause des ajustements à porter sur les prévisions initiales.

A cet effet, la croissance est revue à 5.0% dans cette Loi de  Finances Rectificative (LFR 2018), si elle était de 5.1% initialement.

Le principal facteur de cette révision à la baisse provient de la performance modérée du secteur primaire. En effet, son essor sera inférieur à celui escompté initialement à cause du passage du cyclone Ava au mois de janvier 2018 qui avait détruit environ 9000 ha de surfaces agricoles. La croissance de la branche agriculture est ainsi estimée à 4.5% contre un taux initial de 4.9%. La branche sylviculture est estimée en récession de 0.9% contre un essor positif de 1.0% prévu dans la LFI. L’amélioration des cadres juridiques sur la protection de l’environnement est devenue effective. Cela devrait permettre aux autorités de lutter contre les exploitations illicites. Cependant, une dégradation des forêts est malgré tout observée. Les productions de la branche élevage et pêche devraient garder le même rythme même si un ajustement de la prévision a été effectué, soit un taux de 1.9% contre 2.0% dans la LFI. Le secteur primaire affichera ainsi une croissance de 2.8% contre 3.2% dans la LFI.

La baisse au niveau du secteur agricole sera compensée en partie par le secteur secondaire lequel présentera une croissance supérieure à celle prévue initialement. Cet essor du secteur industriel passera en effet de 6.0% dans la LFI à 6.7% dans la présente LFR 2018.

La croissance du secteur tertiaire évoluera, quant à elle, de 5.7% dans la LFI à 5.4% dans la LFR 2018. L’élan de ce secteur ne sera pas troublé grâce aux activités de commerce plus fortes et des autres services tels que les banques. Toutefois, les investissements publics sensés répondre aux offres des BTP seront plus modérés à cause d’un rythme plus faible des décaissements de financements extérieurs. Cette branche présentera alors un essor de 6.5% contre 11.5% prévu initialement.

Dans ce contexte morose, les cours de l’Ariary par rapport aux principales devises seraient influencés par  l’important différentiel d’inflation entre Madagasikara et ses partenaires commerciaux, la perte de compétitivité des produits miniers malagasy sur le marché mondial,  l’affermissement des cours des produits pétroliers, ainsi que le creusement accentué de la balance commerciale.

L’Ariary serait donc amenée à se déprécier plus que prévue initialement. En fin de période 2018, la cotation du dollar USD serait attendue à 3 316 Ariary versus 3 299 Ariary et celle du DTS à 4 840 Ariary versus 4 652 Ariary.

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