La Gazette de la grande ile

Gueule de bois de lendemain de fêtes

Publié le 28 juin 2018

Qu’ils étaient beaux ces feux d’artifices avec cette année une originalité, ils étaient précédés de l’envol de lanternes japonaises ; qu’ils étaient propres les alentours du lac Anosy une fois que le régime a compris la nécessité d’annuler le fameux podium en plein devant le palais de justice ; qu’elles étaient heureuses ces personnes qui se sont retrouvées un jour férié à faire la fête ensemble en mangeant des plats malagasy, en se promenant dans les jardins publics ou les parcs, en s’amusant et discutant autour de bonnes bouteilles en tous genres question d’oublier le quotidien si morose depuis des mois, question de fermer les yeux un moment sur l’inflation galopante, question d’oublier un temps la HCC, le gouvernement, les MAPAR TIM HVM ; qu’ils étaient heureux ces enfants sur la place du 13 mai qui se sont mis à faire du zumba avec les députés restants des 73 de départ. Mais le réveil a été difficile. ..Le 27 juin dans la Capitale, ce fut la grève des transporteurs, tout le monde attendait les bus qui n’arrivaient pas et ont dû se résoudre à rejoindre l’école, les lieux de travail à pied…des kilomètres et des kilomètres pour pouvoir gagner sa vie honnêtement en insultant non pas les pouvoirs publics mais les transporteurs qui ont décidé de gâcher les lendemains de fête.  Comme tous les lendemains de fête qui déchantent, chacun a eu le sentiment d’avoir la gueule de bois des mauvais jours. Ne pas aller au travail et risquer de faire face à un employeur qui ne connaît que le travail, y aller et arriver dans tous les cas en retard en usant soulier et subissant la fatigue sans être sûrs dans ces circonstances d’être productifs au travail, arriver au travail et passer au moins une heure à parler de cette foutue grève des transporteurs! Rapidement on a oublié le bruit des pétards, l’émerveillement des enfants, la joie des retrouvailles…dur retour au quotidien, à ce quotidien bien morose sauf pour les dirigeants ceux qui étaient là, ceux qui ont quitté le 13 mai et ont intégré le gouvernement, les parlementaires qui absents ou présents à Tsimbazaza touchent toujours leur salaire faramineux. Gueule de bois de lendemain de fêtes!

Claude Rakelé

 

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