La Gazette de la grande ile

Société: Focus sur l’éducation Nationale

Publié le 29 juin 2018

Atypique est le parcours de Madagascar en terme d’éducation nationale puisqu’au lieu d’une stabilité garantie par ce cadre réglementaire, le pays a connu moult revirements en deux cent ans d’histoire de l’éducation formelle. Le système politique de l’éducation nationale du pays  change au gré des dirigeants. La politique nationale de l’éducation devrait être fixée par des lois d’orientation déterminant les grandes lignes de la politique générale de l’Etat. Toutefois, des problèmes régissant ce secteur persistent comme la non gratuité des frais scolaires. C’est l’un des facteurs importants qui font que la scolarisation universelle n’est pas effective à Madagascar. Il y a aussi les problèmes en rapportant au corps enseignant notamment la qualification des enseignants, les conditions d’encadrement, le sous-effectif, le manque de matériels pédagogiques, le manque de compétence du personnel. Même si l’Etat prône une politique de gratuité de l’éducation primaire, dans la pratique, des frais informels incombent aux familles. On note aussi une grande différence de niveau scolaire entre les établissements d’enseignement public et ceux d’enseignement privé, ainsi que des écarts de niveau scolaire inter et intra-régionaux.

A ce propos, les étudiants des établissements publics vivent dans une permanente inquiétude face à l’instabilité sévissant dans la Grande Ile. Outre les fortes inégalités géographiques en matière de conditions d’apprentissage des élèves, on note également une inégalité de genre. Ce cas est récurrent dans les campagnes. Notons que l’article premier de la loi portant orientation générale du système d’éducation, d’enseignement et de formation à Madagascar énonce que « l’éducation est une priorité nationale absolue ». En effet, qu’on le veuille ou pas, l’éducation nationale garantit le développement du pays. Aussi, l’Etat devrait mobiliser tous les moyens indispensables à la jouissance de chacun de ses citoyens au droit à l’éducation. Cependant, la réalité des choses est tout autre. Le budget alloué à l’éducation a toujours été moindre dans la Grande Ile et en deçà du minimum requis pour atteindre l’objectif d’une scolarisation universelle. L’incompréhension de la population de l’objectif primordial de l’éducation empêche l’effectivité de la politique d’enseignement de l’Etat. Le manque de sensibilisation des communautés par rapport à la nécessité de l’école et de l’éducation en général influence la déperdition scolaire, surtout en zone rurale. La perception du lien entre niveau de scolarisation et niveau de développement de l’individu, de la communauté et même du pays n’est pas évidente.

Malalanirina

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