La Gazette de la grande ile

Valorisation des déchets de papier: Une nécessité pour le pays ?

Publié le 29 juin 2018

Le recyclage, notamment ceux des papiers usagés, produit une ressource durable pour Madagascar. Environ 10% des ordures de la capitale, soit près de 2.000 tonnes sont des papiers. Le recyclage du papier autant que du bois favorise également la conservation de l’environnement, essentiellement les forêts. Madacompost, Fakofia, la société de production d’article hygiénique SPAH (ex-papmad) et bien d’autres entreprises encore proposent un service innovant de collecte et de recyclage, mais leurs activités s’avèrent insuffisantes face aux potentiels exploitables. Les déchets sont des richesses à exploiter. Recycler les papiers, permet d’épargner les arbres, ce qui met à bas l’économie linéaire et favorise l’économie circulaire. Le recyclage ne devrait pas se limiter seulement à l’exploitation des papiers et des déchets. Il doit être élargi à la collecte et le retraitement  des  filtres à huile et gasoil  des  véhicules  légers  et  poids  lourds, des batteries… comme le fait l’Adonis Groupe. Rappelons que près de 700 tonnes d’ordures par jour sont ramassées par la SAMVA. L’emplacement de ces ordures demeure un problème majeur pour la capitale depuis que la décharge d’Andralanitra d’une superficie de 14 ha est saturée. Le recyclage de ces ordures en amendements à usage agricole, en biomasse ou en compost est d’une capitale importance. Actuellement, ce sont les coopérations décentralisées, les organisations non gouvernementales spécialisées dans la protection de l’environnement ou la protection de la santé qui mettent la main à la pâte pour soutenir des efforts de traitements de déchets dans les grandes villes de la Grande Ile. Bref, les pays pauvres sont les plus exposés à la nécessité de la mise en place d’une politique de traitement des déchets. Non seulement ces pays sont soumis à l’insalubrité permanente, mais la situation impacte de plus en plus sur les conditions de vie de la population, donnant libre cours à différentes maladies pour atteindre la santé générale de la population. Les questions du changement climatique ne sont pas nouvelles puisque la dégradation des matières organiques, en l’absence d’oxygène est une conséquence grave, favorisant l’émission de méthane, un gaz à effet de serre 21 fois plus puissant que le gaz carbonique (CO2). Le  rapport d’examen africain sur la gestion des déchets soulève les principaux problèmes qui minent les pays d’Afrique dans le traitement des déchets et auxquels les pays comme Madagascar devront trouver une solution afin de remédier à la situation de plus en plus urgemment possible. Il s’agit entre autres des carences en matière de gestion des déchets, notamment la pratique répandue de déversement de ces déchets dans des masses d’eau et dans des décharges sauvages. Les pratiques devenues habituelles aggravent l’état, généralement déplorable, de l’hygiène en Afrique. Le second obstacle porte sur l’urbanisation  qui s’accélère dans les pays africains. Autre frein à la politique de gestion des déchets, il n’existe quasiment pas d’infrastructures de gestion des déchets dans les zones rurales du continent. Les recommandations des organismes concernés portent sur l’urgence d’améliorer les infrastructures pour endiguer le renchérissement des services sanitaires, atténuer la pauvreté et réduire l’exode rural. L’écart s’élargit entre les politiques et les législations en matière de gestion des déchets et la façon dont ces déchets sont gérés dans la pratique, en raison de persistantes contraintes de capacité et de l’absence d’installations permettant de gérer les différents flux des déchets. Les importants investissements et le savoir-faire nécessaires pour surmonter les contraintes de capacité demeurent encore hors de portée. Sur le plan économique, la production des déchets augmente considérablement en conséquence de l’industrialisation, de l’urbanisation et de la modernisation de l’agriculture. Le changement de mode de vie et de consommation d’une classe moyenne urbaine croissante, en particulier, augmente la complexité et la diversité des flux des déchets en Afrique.

Recueillis par Malalanirina

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