La Gazette de la grande ile

chronique: La politique dans le prétoire et le droit …

Publié le 01 juillet 2018

Ces derniers temps ou  disons tout  au long de  ces  derniers  jours d’un mandat présidentiel à rebondissements conflictuels presque  tous les  analystes n’ont constaté qu’une  succession de  faits à la  gloire de la mauvaise gouvernance en  général  et la corruption en particulier.  L’actuel président a beau plaidé en faveur d’une  cause perdue d’avance pour faire étalage d’un bilan positif, les  réalités négatives  sont  têtues. Et  ce  n’est pas  avec la lourde  ardoise étatique des pratiques financières malsaines que les  habitants seront amenés à des  sentiments plus sympathiques en  vue de la  prochaine  élection présidentielle. Le chef de l’Etat  s’évertue à faire croire que «  nous  avons  rééquilibré les  dépenses publiques. » Hélas !  En confirmant officiellement que « la politique de redressement de la nation a exigé et exige des sacrifices… », Hery Rajaonarimampianina a mis le  doigt sur les plaies  gangrenées d’un régime qui n’a pas su  faire  valoir une présidence  que la communauté internationale avait mise à son  entière disposition sur un plateau d’argent (façon de parler)…

Au sortir d’un  régime  de  Transition, l’exercice du pouvoir  avait pratiquement  déçu la  nation  tout  entière. A l’exception des  dignitaires de l’époque devenus tous des  richissimes favorisés par les  trafics en  tous  genres et les octrois de marchés publics dans les pires  conditions de complicité et d’affairisme illicites  préjudiciables pour le budget de l’Etat. Avec  Christine  Razanamahasoa, au ministère de la Justice, les  médias ont  raison d’affirmer que même jusqu’à  ce jour « la corruption  est  reine » au point  d’obliger l’actuelle première responsable de  ce  département à prendre  des mesures  correctives très remarquables en déclarant haut  fort « je veux laisser une  trace  de mon passage à la tête de ce ministère. » Le président, même s’il a cru  bon avouer qu’ « en cinq ans, nous voudrions voir effacé l’héritage de cinquante-trois ans d’incurie, de corruption, de traîtrise,»  semble avoir oublié les simulacres de procès, les  procédures vicieuses et les connivences illégales de  certaines  juridictions sous l’influence des quelques personnalités de premier plan au  service  de l’argent sale déterminées à  faire valoir leurs intérêts plutôt que le  droit et les  textes  des lois. Si le  dernier  conseil des ministres a pris le  soin de  s’occuper plus particulièrement de  certains magistrats trop  connus pour leurs implications  dans  des  dossiers pourris, c’est parce que certains  d’entre  eux avaient osé tremper dans les  traitements complaisants  et hautement payants des  affaires  de vols  de  bœufs, de  bois  de  rose,  de  trafics  d’or,  de  crimes abominables et même  de  kidnappings.  L’opinion est plus  qu’étonnée lorsqu’elle constate que c’est la même  Christine Razanamahasoa qui prône actuellement l’intensification de la  lutte  contre la corruption, alors  que de son  temps, elle était partie prenante des  retombées financières coupables  de cette pratique honteuse obligeant des juges sous son autorité à se  compromettre dans des décisions iniques sur les  traitements de complaisance des dossiers en provenance  des  services  de  répression comme Samfin et  autres.

Lorsque la présidence communique à la  presse le texte  du discours  du  26 juin dernier dans lequel,  il est question de «Madagascar peut devenir une puissance agricole de premier plan grâce à ses vastes terres arables », de « Madagascar peut devenir un exportateur et transformateur d’importance mondiale pour les pierres précieuses et les métaux précieux »,   «Madagascar possède de l’uranium, des terres rares et du pétrole », personne ne  peut mettre  en  doute la  véracité  de ces affirmations. Mais là où le bât  blesse,  c’est lorsque  force est  de constater que selon la conviction lucide notre  confrère Manou «au début, le  retour de l’indépendance était la promesse d’un  avenir meilleur pour la population malgache. Mais  au fil du  temps, la situation s’est  fortement  dégradée. L’indépendance  tant  convoitée  s’est  transformée en une nouvelle forme de  dépendance(…) »  Et  notre  analyste  de  continuer en précisant bien que « la politique menée dans le pays n’est  que l’œuvre d’un  groupe de personnes qui  veulent uniquement s’enrichir au  détriment de la  nation. La corruption et le  népotisme règnent  en maître au  sein  de l’administration faisant que la  direction  du pays est placée entre les mains d’une poignée de personnes incompétentes. Au plus haut sommet  de l’Etat,  nos  dirigeants sont  devenus de  véritables marionnettes manipulées par la communauté internationale. (…) La souveraineté nationale est bafouée  au plus  haut point. » La « fonction  régulatrice de l’Etat » dans l’exercice de  sa mission  régalienne n’est presque plus que  symbolique malgré l’importance mondiale indéniable  des pierres précieuses et  des métaux précieux. Même si « Madagascar possède de l’uranium, des terres rares et du pétrole », rien ne peut nous  garantir que  ces multiples  accords avec les puissantes compagnies étrangères comme Exxon ou  British Petroleum et  tant  d’autres porteront un jour Madagascar dans la cour  des  grands de l’OPEP. Tant que « la population n’est pas vraiment prise en compte et fait le jeu d’une oligarchie divisée… » et que la « Mauvaise gouvernance, affairisme et partage inégal des richesses sont au final quelques-uns des obstacles à la croissance et au développement durable de Madagascar », comme l’attestent dans  les débats  publics  des  experts internationaux.  Surtout qu’au niveau  de la justice l’instrumentalisation  des juridictions perdure,  reste  et  demeure  en  faveur  de l’exécutif… comme l’appréhendent en confidence certains magistrats  eux-mêmes après « le rejet de  la  requête en  annulation » de la  nomination du nouveau  gouvernement  de  consensus devant le Conseil  d’Etat renvoyée et rejetée mercredi dernier. Récusation  oblige  ou pression ? Ladite décision  sera suivie comme par  hasard, d’une série d’abrogations de  décrets de nomination de quelques magistrats très hauts placés dans la hiérarchie. (?)

A quelque  chose malheur est  bon. A cause  des  contraintes  techniques  relevant  de l’informatique, la  Chronique de Razafilahy du 28 juin 2018 a été publiée une seconde fois. Nos prions respectueusement nos lecteurs de  nous  excuser pour cette coquille.

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