La Gazette de la grande ile

le poing: Des combats restent à venir

Publié le 01 juillet 2018

     Y a-t-il une vie après le Mondial ? C’est la question qui mérite d’être posée aujourd’hui. Les amoureux du ballon rond s’inquiètent justement de l’après… Oui, la vie doit continuer malgré son cortège de famines, de misères, d’insécurités, de corruptions… Effectivement, à l’issue de la Coupe du Monde de football, le 15 juillet, c’est le vide qui nous attend tous; particulièrement à Madagascar. Aucun grand événement n’est prévu à court terme. Il faut attendre le réveillon du 31 décembre, pour espérer s’amuser, souvent sans bouffer.

     Il faut donc se contenter de ce mondial de foot, car elle a une vertu non négligeable, celle de faire oublier, un instant, la famine qui ronge des Malgaches…  La faim fait une avancée inexorable dans les localités jusqu’ici épargnée. Les responsables d’organismes internationaux à Antananarivo, chargés de lutter contre ce fléau, passent la plupart de leur temps à frimer dans des cocktails au Hilton ou dans des salons huppés de la capitale. Ceux-ci se foutent si des quartiers comme Isotry et Andavamanga ainsi que des régions désertiques du sud de l’île croulent dans la pauvreté (presque) absolue. En ce 2018, le chacun pour soi est à bannir ; partout, la solidarité doit primer…

    Par ailleurs, l’opinion n’a pas le sentiment que le gouvernement se soucie de son sort. En tout cas, Iavoloha et Mahazoarivo se préparent, s’acharnent  plutôt à reconduire leur grand patron à la magistrature suprême que de s’occuper de la population. La présidentielle n’est plus loin… Dans quatre mois, Hery Rajaonarimampianina va remettre, en effet, son titre en jeu. Un pari qui n’est pas gagné d’avance. Loin s’en faut

Néanmoins, le silence, l’inaction, voire la mort de l’opposition, ouvre un grand boulevard à l’actuel locataire du palais d’Iavoloha. Ce dernier, cependant, doit se garder de célébrer dès maintenant sa victoire…  Des surprises peuvent intervenir d’ici le 7 novembre, comme la division du HVM, le parti présidentiel. Même si rien ne va plus, les jeux ne sont pas faits ! Des combats, plus ardus, restent à venir.
Franck Raharison

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