La Gazette de la grande ile

Candidat à la présidentielle : « Andry Rajoelina de 2018 n’est plus celui de 2009 »

Publié le 07 août 2018

«Les gens ont l’habitude de me surnommer ‟bandy kely” (littéralement : petit jeune) mais j’ai mûri », ce sont les mots de Andry Rajoelina pour rassurer ses partisans et convaincre ceux qui sont encore réticents à adhérer à sa démarche. « Je me suis préparé, j’ai été mis à l’épreuve, je suis prêt maintenant, me voici ! » a-t-il martelé, sous le salve d’applaudissements nourris des milliers de personnes venues l’écouter mercredi 1er août dernier au Palais des Sports de Mahamasina. Le premier candidat à se lancer à la course à la magistrature suprême voulait marquer la vraie rupture qu’il y a entre sa gouvernance de 2009 à 2013, c’est-à-dire durant la transition à propos de laquelle il a admis être arrivé au pouvoir sans aucun programme à appliquer et celle qu’il compte mettre en œuvre une fois élu à la fin de cette année.

« Je vous pose les questions aujourd’hui, la situation de la JIRAMA est-elle encore viable ? Les Malgaches mangent-ils à leur faim ? Y-a-t-il encore de la justice et de l’équité dans la gestion du pays ? Les salaires sont-ils suffisants à faire nourrir les familles malgaches actuellement ? Avons-nous les soins médicaux auxquels nous devons avoir droit ? Nos enfants méritent-ils la qualité de nos enseignements à l’école publique? Les universités sont-elles encore en adéquation aux besoins de formation de nos jeunes ? Ont-ils le travail qu’ils méritent ? Est-ce juste que nous devons forcément nous livrer à la corruption dans les concours administratifs ? Qu’avons-nous fait pour mériter le niveau d’insécurité actuel ? N’y-a-t-il donc aucune solution aux phénomènes de kidnappings qui n’en finissent plus ? Pourquoi nos paysans sont-ils toujours laissés pour compte ? », Andry Rajoelina montre qu’il connait les problèmes que vit quotidiennement la population malgache à tous les niveaux. Il met un doigt sur tous les maux qui ont marqué le mandat de Hery Rajaonarimampianina et auxquels ce dernier n’a jamais été capable d’apporter de véritables solutions.

« Vous vous demandez s’il reste encore de l’espoir, la réponse est OUI ! »

« Nous ne devons pas continuer à subir en toute impuissance toutes ces plaies qui gangrènent notre cher pays. Nous allons les déraciner complètement » a promis le fondateur de l’Initiative pour l’Emergence de Madagascar, « du temps de la transition, nous avons réussi à augmenter de 10% les salaires des fonctionnaires tous les ans alors que nous n’avions pas reçu d’aides de l’extérieur. Nous avons pu maîtriser le taux d’inflation. L’euro était à 2.800 Ar l’époque alors qu’il caracole à plus de 4.000 Ar actuellement, il y a donc eu plus de 43% de dépréciation entre 2013 et maintenant, est-ce que vous imaginez les impacts sur la vie quotidienne de la population malgache ? Nous nous sommes tellement appauvris que nous finissons par baisser les bras et je vous comprends. Vous vous interrogez s’il existe encore une solution, s’il reste encore de l’espoir ? Je vous le dis aujourd’hui, la réponse est OUI. Nous pouvons développer Madagascar ». Andry Rajoelina a dit avec beaucoup de détermination qu’il serait irresponsable devant l’histoire de ne pas réagir face au marasme socio-économique. « Nous arrivons à un tournant de notre histoire où deux choix s’offrent à nous, rester inactifs et laisser les choses telles qu’elles sont et donc, continuer à vivre dans la pauvreté fatale et à subir l’apogée de la mauvaise gouvernance et les gabegies actuelles, ou agir et s’engager à œuvrer pour les changer ».

La main sur le cœur, il a insisté sur la valeur du respect de la parole donnée « Apporter des solutions est un devoir, d’où l’Initiative pour l’Emergence de Madagascar ou IEM. Et je peux vous affirmer que l’IEM est la seule solution ». Il n’a pas hésité à s’engager et à engager toute son équipe de techniciens, nationaux comme internationaux, pour la réussite de sa vision qui, selon lui, sera traduite en un programme qui va le lier au peuple malgache. « Nous atteindrons l’objectif de l’autosuffisance alimentaire, l’Etat de droit et la justice équitable ne seront plus des vœux pieux, les fonctionnaires serviront vraiment les usagers qui ne devraient plus risquer d’être malmenés par ceux qui travaillent dans l’administration, les propriétaires fonciers doivent être protégés de ceux qui veulent leur voler leurs terres, le système éducatif doit bénéficier à tous nos enfants sans distinction de catégories ou de castes, la protection de l’environnement doit être parmi nos priorités absolues, Madagascar doit être une destination touristique phare et il faut tout faire pour que ce secteur soit plus développé, le sport ne doit plus être le dernier de nos préoccupations ». Ce sont les engagements de Andry Rajoelina qui a promis qu’il en développera les détails quand le moment de la campagne sera venu. La main sur le cœur, il a insisté sur la nécessité de respecter la parole donnée.

« Je suis Malgache de père et de mère, je suis né ici et je mourrai ici »

L’ancien président de la transition n’a pas manqué de lancer un appel solennel à tous les enfants du pays pour l’épauler dans cette mission ô combien difficile de redressement du pays. « Que vous soyez convaincus ou non, prenez ma main et avançons ensemble vers le développement de Madagascar. Etes-vous prêts ? Ayez la foi, tournons nous vers un meilleur lendemain. Notre engagement est un devoir et non un simple choix, ni un honneur » a-t-il scandé avant d’ajouter « Je le dis toujours à mes enfants, il n’y a pas meilleur dévouement que celui au service de la Nation ». « Le peuple a le pouvoir de donner comme de reprendre la clé qu’il a confiée à celui qu’il a choisi pour présider aux destinées de cette Nation », dixit Andry Rajoelina qui a d’ores et déjà exhorté ses compatriotes à faire le bon choix lors des scrutins du 7 novembre et du 19 décembre 2018 prochains. « Je suis Malgache de père et de mère, Madagascar est ma patrie, c’est ici que je suis né et c’est ici que je mourrai. Chaque battement de mon cœur est pour elle et chacun de mes actes est fait pour la servir. Toutefois, je ne le ferai pas seul mais avec vous. Je vous demande de m’aider, nous parviendrons à notre but de donner enfin à notre pays la dignité qu’il mérite. Nous allons gagner, nous devons gagner pour sauver Madagascar » a défié Andry Rajoelina qui se veut avant tout rassembleur, « je ne suis pas le candidat d’un seul parti, mais celui de tous les Malgaches qui ont soif de vrai changement pour le développement ».

 

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