La Gazette de la grande ile

SENTINELLE : UN DIKTAT A LA PLACE DE LA DEMOCRATIE !

Publié le 07 août 2018

D’ici peu, nous serons en pleine campagne présidentielle où des promesses en tout genre seront faites pour appâter les électeurs. Eh oui, on ne reculera devant rien pour glaner des voix qui mèneront vers l’exercice du pouvoir. Des projets de société mirobolants et les objectifs y afférents seront promis à la population tout en sachant pertinemment que dans la plupart des cas il est impossible de les réaliser compte tenu de la réalité sociétale actuelle. Mais comme on sera dans une période de propagande électorale, tous les coups seront permis, même de mentir sciemment au peuple. La logique dans l’élaboration d’un mode de gouvernance qui sied à notre nation est de procéder à une évaluation sans complaisance de la réalité du pays. En considérant toutes les problématiques qui ont fait que Madagascar soit tombé dans une indécente spirale de la pauvreté dont nous avons du mal à nous extraire, il va nous apparaître que la faillite de l’éducation prend une place prépondérante dans le déclin socio-économique de notre pays. Le plus désolant dans cette affaire est qu’on le sait et on continue à négliger ce secteur clé qui va façonner le futur de nos héritiers. L’incapacité de ces derniers à reprendre les rênes de l’Etat vu le peu de culture qu’ils ont reçu à travers un système éducatif des plus catastrophiques. En m’imprégnant des dérives découlant de l’assassinat de l’éducation depuis des décennies, et qui continue encore aujourd’hui quand on prend ce secteur comme un champ d’expérimentation socio-politique, j’ose m’insurger contre tous ceux qui prônent la DEMOCRATIE pour une stratégie de développement rapide.

Je trouve que le candidat qui brandit comme un étendard ce mode de gouvernance n’a pour politique qu’une pâle copie de la société occidentale qui est loin de la réalité malgache. Cette dernière mise à mal par la faillite orchestrée de l’éducation se retrouve avec une large majorité de la population pataugeant dans l’inculture. Puisqu’il faut l’appeler par son nom, cette INCULTURE AGISSANTE à laquelle nous nous sommes attachés pendant des décennies comme si elle était une vérité apodictique du développement, a fait à notre pays plus de mal que de bien. En effet, pour s’attirer les bonnes grâces des bailleurs de fonds internationaux, tous les partis politiques se targuent d’avoir une pratique démocratique. Comme cette dernière est justifiée par la mise en place de la chambre haute et de la chambre basse dans la structure étatique, cette condition nécessaire et suffisante d’une démocratie en marche semblait être bel et bien remplie (SIC). Or, le fonctionnement de ces deux entités était loin de la rectitude qu’on attend de ces représentants du peuple. Au lieu de s’occuper de l’intérêt général, l’intérêt particulier de ces politiciens était mis en avant tout au long de l’année (CF dotation exigée de voitures 4×4 par certains membres de l’hémicycle), occultant les problèmes de survie de la population. Les méfaits de  leurs attitudes empêchent tout développement rapide et durable du pays. Ces entités qui ont été érigées pour placer les cocos (copains-cochons), sont non seulement budgétivores mais aussi paralysantes. Ce modèle de gouvernance ne sied plus au pays et à ses réalités de survie.  Il est vrai que les qualités morales et intellectuelles de certains membres de l’hémicycle laissent à désirer, et de surcroît le manque de probité dans les affaires de leur ressort justifie le rejet de cette institution par la population, et démontre ainsi son inutilité dans la vie de la nation.

Eh oui, ces institutions ne sont pour certains parlementaires que des vaches à lait où l’on peut s’enrichir d’une manière illicite, et ce sans coup férir. Au vu des scandales à répétition défilant dans ces cercles de décision qui auraient dû montrer le bon exemple à la population, on ne saurait cautionner des entités ayant en leur sein de tels  personnages au comportement indigne, qui plongent le destin d’un pays dans les méandres de la pauvreté est tout simplement honteux.

Persister dans une telle erreur que nous avons vécue depuis des décennies, nous classe parmi les sadomasochistes de ce monde. La question qui est posée est : parmi tous ces candidats aux présidentielles de 2018, y aurait-il ne serait-ce qu’un postulant osant affirmer qu’il prône le diktat pour ramener le peuple malgache sur les rails du développement malgré lui ? Ce parler-vrai trouverait-il écho auprès des votants ? Beaucoup de réticences vont s’ériger contre ce mode de gouvernance où les compétences, la détermination, la rectitude et le patriotisme du prétendant à la magistrature suprême seront mis à nu. Oser cette démarche s’écartant des desiderata des bailleurs de fonds et de la communauté internationale s’avèrera périlleux. En effet ces derniers sauraient-ils comprendre l’urgence de la situation qui nécessite des mesures draconiennes pour ramener l’Etat de droit ?

Max Randriantefy

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