La Gazette de la grande ile

CHRONIQUE : Libéralisation sauvage et ententes sournoises

Publié le 08 août 2018

Pour les juridictions des tribunaux le prochain mandat présidentiel, prévu pour débuter en principe le 25 janvier 2019, s’annonce très agité car elles auront du pain sur la planche. Avec ces quiproquos préélectoraux et les conflits qui ne manqueront d’apparaître si l’on tient compte de cette attitude de défiance qui se dessine déjà dans le paysage politique de Madagascar, la chaleur qui sévit actuellement dans l’hémisphère nord risque de se déplacer au sud de l’Equateur et ne manquera pas d’influer sur le climat politique de l’île. Circonstances favorables aux agitations les plus inattendues les dépôts des candidatures et les campagnes de propagandes seront des occasions favorables pour les partis en lice de s’envoyer des coups de semonces sur le passé et les parcours des prétendants.

Quitte à déterrer des cadavres et sortir des placards des dossiers pourris, les juges ne manqueront pas d’être submergés par les linges sales que les souteneurs se lanceront à la figure. Pour le moment, seul Ntsay le Premier ministre a essuyé les premiers boulets rouges de ceux qui voient en lui le valet d’une  tendance montante pour laquelle une certaine presse voue sans se cacher une antipathie franchement partisane publiée à la Une. Il faut reconnaître qu’avec des petites phrases lourdes de sous-entendus du président actuel, selon un envoyé spécial de Jeune Afrique « Andry Rajoelina et Marc Ravalomanana, ses deux prédécesseurs, continuent de faire monter la pression et un parfum de fin de règne flotte avec insistance à Antananarivo.» D’un côté aussi, avec ses allusions ciblées le président sortant semble encourager les détracteurs des nouveaux dirigeants nés de l’esprit de consensus enfanté par le mouvement du 21 avril 2018. Sinon pourquoi laisser entendre à chaque discours comme une sorte de reproche telle qu’ « au Premier ministre maintenant de faire la preuve que la satisfaction des revendications de l’opposition amènera un processus électoral apaisé ». Pendant qu’ailleurs sous d’autres cieux, les autres s’évertuent à trouver des solutions adéquates au sein de la classe politique malgache la mode reste et demeure ce recours idiot et borné aux capitaux étrangers sous des prétextes fallacieux.

Le président sortant est toujours convaincu de l’existence d’un contentieux électoral lointain en affirmant devant la presse que «L’opposition n’a toujours pas digéré ma victoire de 2013. Ce ne sont que des manœuvres, sans fondement, comme c’était encore le cas cette fois. Pendant que je m’attelle à la reconstruction politique, économique et sociale du pays, d’autres préfèrent s’évertuer à me déstabiliser. « Couac on dise » au-delà des « passes d’armes » et des joutes oratoires débitées à satiété dans les réunions publiques et les rassemblements arrangés et panachés de beaucoup de promesses en l’air, la majorité des observateurs croient fermement que les caïmans ne se mangeront jamais entre eux. Ils vont tout juste se lancer des insultes calculées pour ensuite se consulter en coulisses afin de trouver l’angle idéal pour berner la masse des électeurs. Alors que dans un communiqué du Conseil de gouvernement du 7 août 2018 pour le ministère des Finances et du Budget « l’adoption du Décret portant l’autorisation d’ajustement des Avoirs en Ariary du Fonds Monétaire International (FMI) » était à l’ordre du jour, sous d’autres cieux, les experts se creusent les méninges pour l’annulation des dettes et pourquoi pas le non recours à ces « dettes toxiques » qui empoisonnent les finances d’un Etat capable de faire face à ses besoins domestiques sans faire appel à la participation massive des capitaux étrangers. Rien qu’à partir de ses ressources légendaires malheureusement livrées à la prédation des investisseurs pillards étrangers. Et ce n’est pas demain la veille pour que va cesser cette nouvelle forme de colonisation des années 2000. Pour s’en convaincre il suffit de lire entre les lignes les extraits de LOI ci-après «Pour contenter le FMI, études et projets dans le secteur énergétique se multiplient au risque de marcher sur les électrons (…) » Et si le candidat à sa propre succession a raison (en partie) en affirmant qu’ «On ne peut pas, en quelques jours, redresser un pays marqué par 55 années de crises cycliques », que les dirigeants actuellement en poste sans exception « doivent se regarder dans un miroir et réfléchir à leurs actes. » Avant et après l’élection surtout les habitants exigent « le changement » dans leurs manières de traiter les affaires publiques et l’exercice du pouvoir dépouillé désormais de cette mauvaise gouvernance au nom d’une libéralisation sauvage pernicieuse régie par des ententes sournoises et corrompues.

 

 

 

 

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