La Gazette de la grande ile

« MADAGASCAR, UNE NATION A BATIR » : « Fermons un Passé divisé et Allons vers un Avenir partagé »

Publié le 08 août 2018

La situation actuelle a fait éclater une vérité : nous ne nous connaissons pas et nous ne nous comprenons pas entre Malagasy d’origines ethniques variées. Nous ignorons l’histoire de nos origines. Nous ne sommes pas vraiment conscients de nos richesses naturelles et humaines actuelles et ponctuelles.

Il est temps de faire l’inventaire de nos ressources, de régler nos différends dus aux préjugés hérités du passé et entretenus à des fins politiques. Il est temps que toutes les bonnes volontés rassemblent ce qui est épars, quels que soient leurs horizons social, politique, philosophique, religieux ou professionnel.

Tout cela, afin que les uns et les autres puissent s’épanouir et consacrer l’instant de leur existence au développement économique et social de la Nation au sein d’une paix retrouvée et de la fraternité raffermie.

Il est temps pour nous de communiquer, nous rencontrer, dialoguer réellement pour bâtir ensemble une Nation capable de relever les défis du nouveau millénaire et de la mondialisation.

La politique n’a pas dépassé l’identification de l’Etat au pouvoir d’une coalition ethnique (originaires des régions côtières ou des hauts plateaux). Lorsque le régime politique ne parvient pas à créer une identité nationale susceptible d’épouser les contours de l’Etat, les «opportunistes séparatistes» s’insinuent pour créer l’instabilité.

Le caractère pluriethnique de notre société est encore dominant. Le pluripartisme est à construire. Lorsque le vote démocratique est supplanté par le vote ethnique ou clanique, l’Etat, censé être le protecteur de l’intérêt général, est condamné au chaos. Le bien commun est en effet et par essence opposé à la satisfaction des communautarismes.

L’Etat s’effondre faute de légitimité politique et cette déliquescence est génératrice de crise de souveraineté. Ne nous trompons pas d’ennemis. Nous sommes convaincus que notre avenir passe par une entente nationale en bâtissant ensemble notre Nation avec son identité.

Nous ne méritons pas la situation socio-économique où nous sommes actuellement.

1 Notre situation socio-économique

L’analyse des problématiques et de la dynamique du développement national met en évidence la pauvreté et ses causes, les problèmes sociaux de base et spécifiques ainsi que les avancées et obstacles vis-à-vis des objectifs de développement durable. Ensuite, elle traite, au-delà des aspects économiques, sociaux et environnementaux, de la gouvernance, de la gestion administrative et financière et de la décentralisation.

1.1 Contexte international

  1. La place du pays en développement

Le temps d’une génération, l’ancien «Tiers Monde» a profondément changé. La fin de l’antagonisme Est-ouest préludait à l’apparition d’une nouvelle classe d’acteurs: les pays émergents. Ceux-ci se divisent d’ailleurs entre les pays européens de l’ancien bloc soviétique et les pays pressentis comme successeurs des anciens «non alignés». La première sous-catégorie tend à disparaître par intégration dans l’Union Européenne. Mais la seconde est entrée dans l’imaginaire occidental compte tenu de son dynamisme industriel et de ses exportations : la crainte entraîne le respect, d’autant que ces pays doivent leur nouveau pouvoir à un dynamisme en voie de disparition dans la vieille Europe. Pays riches et pays émergents sont aujourd’hui les acteurs d’un dialogue (d’une confrontation?) dont les conditions sont suffisamment nouvelles pour justifier d’une part, la création d’un nouveau cadre (l’Organisation Mondiale du Commerce et les cycles de conférences internationales qui en ponctuent le fonctionnement), d’autre part, l’apparition d’un nouveau phantasme planétaire (la mondialisation). A côté des pays émergents, reste la catégorie plus ancienne des pays pétroliers. Les pays dont la ressource principale est ne matière première stratégique ont eu, pendant quelques années, une apparence d’indépendance. Les ambiguïtés de l’OPEP et la prise de contrôle de l’Irak par les Etats- Unis ont sérieusement ébranlé l’illusion qui restait attachée à cette indépendance. Dans cette catégorie, pourrait être rattachés des pays n’ayant pas de ressources stratégiques particulières, mais bénéficiant du soutien américain pour des raisons stratégiques. Ce soutien permet à ces pays (Pakistan, Israël, etc.) des comportements indépendants des règles communes.

Ceux qui ne sont pas classables dans l’une de ces deux catégories (pays émergents – pays stratégiques) ne sont pas totalement ignorés : les réseaux d’influence et les besoins de la lutte anti-terroriste ont au moins le mérite de ne pas faire perdre complètement de vue les pays qui pourraient être jugés comme insignifiants au regard de la marche du monde (cas de Madagascar).

Bien que n’ayant pas d’influence sur le commerce international, ils sont eux aussi appelés à participer à une mondialisation «heureuse» en ayant une vision dynamique de leurs relations économiques avec les autres nations. Mais comme leur rôle a vocation à rester marginal et que ces pays ont des difficultés pour participer à des négociations commerciales devenues extrêmement rudes, des aires de jeux particulières leur sont aménagées, d’une part, à travers des accords d’intégration régionale, d’autre part, à travers des accords Nord-Sud. Le terme «mondialisation» est venu recouvrir ces nouvelles disparités. La mondialisation a, entre autres qualités, celle de reconnaître le fait que certains pays auparavant classés dans le « Tiers Monde » sont devenus en quelques années des acteurs incontournables des relations économiques internationales. La plupart des pays émergents ont encore des revenus monétaires par habitant modestes par rapport à ceux des pays d’Amérique du Nord ou d’Europe de l’Ouest, mais «Les exportations suivent la volonté de développement économique» cette situation est clairement considérée comme transitoire. Leurs histoires sont disparates, entre une Chine millénaire, une Argentine considérée il y a un siècle comme européenne, Singapour dont personne ne parlait il y a 50 ans, et l’Afrique du Sud que certains considèrent comme pouvant servir de modèle à la Palestine et à Israël, l’émergence de ces nouveaux acteurs conduit à revoir la problématique du développement en se concentrant sur les facteurs humains.

(à suivre)

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