La Gazette de la grande ile

Approvisionnement en Bois Energie: Quid de la stratégie nationale ?

Publié le 09 août 2018

Le bois est fortement utilisé en tant que source d’énergie domestique à Madagascar. Ce dernier demeure le combustible le plus accessible pour la population en termes de prix. Le bois de chauffe peut être ramassé, tandis que le prix du charbon est assez modique.

Plus rapporte SCom DGGFPE, les études les plus récentes menées faites à Antananarivo montrent que les prix sont fixés à 32 Ariary/Kilowattheure (kWh) pour le charbon de bois, contre 74 Ariary/kWh pour le bois de chauffe, 90 Ariary/kWh pour les briquettes ardentes, 284 Ariary/kWh pour le pétrole lampant, 370 Ariary/kWh pour l’électricité, 421 Ariary/kWh pour le gaz et 763 Ariary/kWh pour l’éthanol. Cette situation présente des impacts importants sur l’environnement. En effet, la couverture forestière est passée de 9 455 350 hectares (ha) en 2015 à 8 845 509 ha en 2013.

Selon les estimations, mentionne l’identique source, la consommation en bois énergie devrait doubler d’ici 2030. Pour prévenir les pénuries et ainsi préserver l’environnement, une Stratégie Nationale d’Approvisionnement en Bois Energie (SNABE) a été élaborée et présentée hier  à Antaninarenina sous la houlette de Lantoniaina Rasoloelison, Ministre de l’Energie et des Hydrocarbures, et de Guillaume Venance Randriatefiarison, Ministre de l’Environnement, des Eaux et forêts. La SNABE vise la protection et la bonne gestion des ressources, l’assurance d’un approvisionnement stable et suffisant en bois énergie, de bonne qualité et à moindre coût pour les utilisateurs et le rétablissement de l’équilibre entre l’offre et la demande. Il est à souligner que la demande s’élève à 18 millions de m3, soit la moitié de l’offre.

Substitut et complément

L’application de techniques de carbonisation performantes, d’après la même source,  figure parmi les grandes lignes. Il s’agit de ramener le taux de rendement des meules de carbonisation à 20% au moins contre 8% actuellement. Le reboisement continu devrait atteindre 40 000 ha en 2030, la couverture de 50% des besoins en bois devrait être assurée par des ressources forestières licites et durables. Le taux d’adaptation de foyers économes devrait passer de 4% en 2015 à 70% en 2030. Pour atteindre les objectifs de la SNABE, le Ministère de l’Energie et des Hydrocarbures renforcera les outils visant une meilleure gestion de la filière par l’élaboration des textes réglementaires et le renforcement des contrôles. En ce qui concerne la promotion de l’énergie, substitut et complément du charbon comme le gaz, éthanol et électricité, un appui aux investissements sera fourni. «Pour tous ceux qui veulent intégrer le secteur, le Ministère est disposé à apporter des appuis»,  avance le Ministre Lantoniaina Rasoloelison.

Couverture forestière

Dans ce contexte, il importe de rappeler  les résultats des activités menés par le projet d’Aménagement et reboisements intégrés du district d’Anjozorobe en bois-énergie (ARINA) . Ce dernier est un projet financé par l’Union Européenne dont le Cirad est impliqué avec ses partenaires comme / FOFIFA – DRFP  / Association PARTAGE / Ministère de l’Environnement, de l’Ecologie et des Forêts.

L’objectif en général du projet est de contribuer à la lutte contre la pauvreté et à la préservation de l’environnement naturel de la région d’Anjozorobe. Il permet de Renforcer durablement les capacités de production en bois-énergie des populations rurales organisées en collectifs dans les domaines de la plantation forestière, de la carbonisation, de l’efficacité énergétique et de la commercialisation des produits. Les activités se focalisent sur l’institutionnalisation des Organisations, Sécurisation des investissements, le reboisement et gestion durable des plantations, l’amélioration des rendements de la carbonisation, et diffusion de foyers améliorés.

Dans cette foulée, également, il importe de rappeler, les données de la FAO que dans le pays , la couverture forestière s’amenuise inexorablement: 200 000 ha de forêts disparaissent chaque année sous l’action de défrichement effectuée de différentes manières et 1 200 000 ha de parcours sont la proie des flammes.

L’approvisionnement en combustibles domestiques (bois et charbon) et bois d’œuvre devient de plus en plus difficile et plus coûteux. Si le volume des grumes et bois débité a été en accroissement en fonction de la demande extérieure et intérieure, la production de combustibles domestiques a diminué.

Le déboisement a son niveau actuel est le principal facteur de la dégradation poussée à l’environnement. Il en résulte une baisse de fertilité des sols, la disparition progressive des terres arables, corrélativement un ensablement et la divagation d’eau. Le climat semble aussi en être affecté par l’apparition de sécheresse de plus en plus fréquente. La disparition d’espèces animales et végétales dont certaines endémiques à Madagascar, qui en découle, constitue une perte irrémédiable, tant pour le patrimoine national que mondial.

Grave conséquence

Une grave conséquence de l’extension considérable de la surface cultivée (de l’ordre de 2,5% par an) mettant en œuvre des techniques inadaptées à la croissance démographique et à l’augmentation de la demande urbaine, a été la croissance alarmante de la dégradation de l’environnement, qui a essentiellement pris trois formes: sur les hautes terres centrales, les cultures de Tanety, utilisant des méthodes inadaptées ont favorisé l’érosion du sol avec pertes de la couche supérieure du sol arable (de l’ordre de 100 t/an, et dégâts étendus aux routes, plans d’eau, et infrastructures d’irrigation (ensablement, brèches); dans les régions sèches du nord-ouest et au sud-ouest, la pratique des feux de brousse s’est répandue au-delà de la capacité génératrice des plantes provoquant de sérieuses réductions de la couverture du sol et des pertes de fertilité; enfin, la destruction de la forêt et des équilibres prend une allure accablante. Les forêts tropicales sèches le long de la côte-ouest sont en voie de disparition à un rythme de 2,5% par an, et les forêts tropicales humides de la côte-est suivent la même destinée à un taux annuel de 1,5% par an.

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