La Gazette de la grande ile

« MADAGASCAR, UNE NATION A BATIR »: « Fermons un Passé divisé et Allons vers un Avenir partagé »

Publié le 09 août 2018

Le rôle croissant des «pays émergents» dans le commerce mondial est le résultat d’une démarche qui leur est propre : les exportations suivent la volonté de développement économique et non pas l’inverse comme on a voulu le croire aux grandes époques d’industrialisation sur les sites de matières premières. Le phénomène pétrolier des années 70 avait renforcé la division des pays pauvres entre pays chanceux et malchanceux en fonction des ressources de leur sous-sol. Le pétrole n’était d’ailleurs pas la seule «bonne» matière première : le phosphate, l’uranium, le nickel, le fer etc. pouvaient justifier la création de sites industriels importants. Mais gabegie et surendettement ont fait leur oeuvre. En ce début du 21ème siècle, la division selon les ressources naturelles paraît dépassée.  (à suivre)

Parmi les pays pauvres, il y a, d’une part, ceux qui paraissent s’accommoder de la pauvreté de leurs populations pourvu que la prospérité des responsables politiques est assurée … C’est le cas de Madagascar où des minorités en accaparant tous les moyens de production pour augmenter leur possibilité de s’enrichir un peu plus et en laissant la majorité s’enfoncer davantage dans un appauvrissement sans précédent depuis l’Indépendance. … Et, d’autre part, ceux qui seraient déterminés à construire une société prospère par la force du travail et l’intelligence.

Cette division cynique entre les actifs et les passifs dégage les pays «riches» du sentiment de culpabilité à l’égard des pays «pauvres». De plus, elle a l’avantage intellectuel de ne pas figer les situations individuelles de chaque pays : un «passif» peut devenir «actif», cela ne dépend que de lui. Ce mode de classement a de fortes chances de prospérer au cours des prochaines années dans les opinions publiques occidentales. Aussi cynique soit-elle, cette division a le mérite de reposer de manière didactique les mécanismes du développement. Ces dernières années, la perplexité des pays riches devant la permanence du phénomène de pauvreté dans certaines parties du monde a conduit à réduire la réflexion sur le développement aux comportements dans le domaine des finances publiques.

II y a les bons, qui respectent les équilibres macro- économiques et les principes de libre concurrence – en particulier ce que les experts appellent le consensus de Washington : l’austérité budgétaire, la privatisation des entreprises publiques et la libéralisation des échanges. S’ils ne réussissent pas immédiatement, ces pays vertueux méritent de réussir dans la durée! Pour les encourager, ils ont vocation à être récompensés par des primes : remises de dettes, financements nouveaux de programmes budgétaires (et non plus financements de projets : ce changement serait un signe de confiance…) et pour finir, la récompense suprême : la liberté de se réendetter comme on l’entend !

Et puis il y aurait les mauvais, qui ne respectent pas les fameux équilibres et l’ouverture à la liberté d’action des capitaux. Peu importe les raisons du non-respect : celui-ci traduirait d’abord une incapacité à s’autodiscipliner.

b. L’évolution récente du Monde

Pour élaborer notre programme de développement, Il faut qu’on soit conscient de l’évolution récente du Monde entier. Nous avons le devoir de contribuer à un ordre international équitable et pacifique et un système planétaire durable de sécurité commune de l’humanité.

Depuis quatre décennies, le capitalisme, tel que nous le connaissons, a évolué d’une force pour le développement économique des pays du monde entier (modèle de création de richesse au niveau d’un pays et partant du monde entier) vers une force de spéculation financière et de maximisation du profit à court terme.

L’économie mondiale est sous les dictats du système financier et est devenue uniquement et principalement financière. Le système investit essentiellement l’excédent de l’argent, résultat de pures spéculations financières, dans les domaines qui ont un rendement financier élevé à court terme et un rendement environnemental et social très faible. Cette réalité conduit à des écarts croissants entre la vraie richesse et le revenu. La classe politique dans le monde est fortement influencée par de puissantes financières des entreprises privées.

Ceci est la principale cause de la situation actuelle du Monde presque en désordre. La civilisation mondiale est en train de subir une tempête due à cette évolution du modèle de développement depuis des années 80 mais également due à la surpopulation de la planète, à la surconsommation, par l’utilisation de technologies néfastes pour l’environnement créant le réchauffement de la planète. Le monde est en train de vivre une crise qui n’est plus cyclique mais devient chronique et croissante: crise sociale, crise politique, crise culturelle, crise de pauvreté chronique, crise de la démocratie, crise d’idéologie, en résumé une crise du système capitalistique.

Depuis le 11 septembre 2001 et les récentes crises financières mondiales, une nouvelle matrice géopolitique se met en place. Celle-ci augure d’une autre époque, le présent, encore difficile à nommer mais dont les enjeux sont globaux : la poussée du populisme en occident, les guerres civiles en moyen orient, le développement du terrorisme, les immigrés, les crises financières répétitives, les trafics illégaux, la coexistence religieuse, l’accès aux matières premières, et notamment au pétrole, l’écologie, le changement climatique, la maîtrise des pandémies telles celle du Sida, de la grippe aviaire…. Une grande partie de la population du Monde n’a plus confiance à leur gouvernement.

Les réponses à cette crise des gouvernements se sont concentrées, au pire, sur la gestion de leur propre image politique et au mieux pour traiter les symptômes de la crise et non les causes. Sans une remise en cause les racines philosophiques de l’état actuel du monde, nous courons le risque d’une instabilité et d’une insécurité continue.

Nous devons nous orienter vers un autre modèle pour construire un avenir meilleur. Le capitalisme tel que nous le connaissons avec son application actuelle -un appât infini du gain financier à court terme- nous conduit vers une mauvaise direction.

Nous devons développer un modèle de développement basé sur la vertu du juste équilibre entre le court terme et le long terme, un équilibre entre l’homme et la nature, un équilibre entre le tout Public et le tout privé, au lieu de l’application d’un modèle uniquement basé sur la doctrine économique comme la forme actuelle du capitalisme.  (à suivre)

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