La Gazette de la grande ile

Rajoelina et Ravalomanana: Pas tirés d’affaire …

Publié le 09 août 2018

Les candidatures de Marc Ravalomanana et d’Andry Rajoelina à l’élection présidentielle sont-elles définitivement acquises ? Cela n’est pas sûr du tout, et ce flou incite les détracteurs de ces deux chefs à intensifier leurs attaques. Notons que la classe politique prône l’apaisement et rejette le « Ni…ni », suivie en cela par la communauté internationale qui préconise une élection présidentielle « inclusive ». Mais vigoureuses et assénées avec précision, les critiques actuelles ne sont pas forcément vouées à l’échec. Déjà évincés de la dernière élection présidentielle, Andry Rajoelina et Marc Ravalomanana ne sont pas encore tirés d’affaire. C’est-à-dire que leurs candidatures pourraient être invalidées encore une fois…

Le principal grief contre Andry Rajoelina, c’est d’avoir été l’auteur (ou  plus précisément le bénéficiaire) du putsch de 2009. L’homme s’est toujours défendu d’être un putschiste, mais les sanctions infligées par l’Union africaine aux 109 personnalités de la transition semblent avoir collé une étiquette sur sa personne. Notons que l’accord de Cotonou, signé par Madagascar, refuse aux putschistes le droit de se présenter aux élections, et cela, par respect pour les principes démocratiques. Les détracteurs font valoir cette disposition pour rejeter les prétentions d’Andry Rajoelina à participer à l’élection présidentielle. En fait, l’esprit du texte est celui-ci : les autorités qui ont pris le pouvoir par la force ne peuvent organiser les élections et y entrer en lice, car elles seront forcément gagnantes. Andry Rajoelina n’étant plus au pouvoir et les élections étant organisées par une entité indépendante, l’homme semble être hors de cause et devrait pouvoir s’engager dans la course.

A Marc Ravalomanana, on reproche le fait d’avoir été condamné en 2010 aux travaux forcés à perpétuité pour meurtre sur l’affaire du 7 février. L’homme et ses avocats ont eu beau invoquer une « justice des vainqueurs », un jugement par défaut et une juridiction inappropriée, mais rien n’y fait : le verdict n’a pas été annulé et conserve une force exécutoire. On signalera que grâce aux péripéties politiques récentes, l’ex-chef d’Etat n’aura pas à rendre compte dans son dossier de candidature des gros arriérés fiscaux de Tiko. Il reste que si une cabale sur le 7 février est conduite avec habileté et fermeté, Marc Ravalomanana pourrait être exclu de la course sur ce point. Conscient du danger d’ailleurs, l’homme a reconduit les meetings de Magro de Behoririka, et pourrait lâcher ses partisans dans la rue si des obstacles sont mis à sa candidature. Du côté d’Andry Rajoelina, on n’a pas pris de dispositions particulières, mais l’état-major reste attentif et ne manquera de réagir si le péril se fait pressant. Probablement téléguidée par un régime Hvm qui a intérêt à mettre hors course l’un ou l’autre candidat (ou les deux à la fois), la conspiration pourrait être relayée par une Haute Cour Constitutionnelle (Hcc) qui n’a rien d’une institution neutre. Ayant à plusieurs reprises favorisé de façon scandaleuse Hery Rajaonarimampianina, cette juridiction pourrait mettre à exécution les vœux formulés en haut lieu. Rappelons que Rivo Rakotovao, président du Hvm et président de la République par intérim dans un mois, a déjà annoncé publiquement le fait suivant : Marc Ravalomanana et Andry Rajoelina ne remplissent pas les conditions pour concourir à l’élection présidentielle.

A quelles places finiront ces deux poids lourds de l’échiquier politique ? Si leurs candidatures tournent mal, ils finiront à la place …du 13 Mai.

Adelson RAZAFY

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