La Gazette de la grande ile

Edito: Comment devenir riche à Madagascar

Publié le 10 août 2018

Il est évident que jusqu’à l’heure actuelle le meilleur moyen de s’enrichir à Madagascar est d’avoir un poste politique, et de faire partie du pouvoir.  La majorité de ces hommes et femmes politiques se lancent dedans non pas pour réaliser un programme bien défini- qu’ils n’ont pas du reste ou que certains ont élaboré pour eux-, non pas pour permettre le développement de Madagascar, non pas dans l’intérêt général mais plutôt pour s’enrichir, pour bénéficier des largesses du pouvoir, pour bénéficier des passe-droits et s’en donner à cœur joie au népotisme et aux divers trafics. Il suffit de constater le nombre de ces belles voitures aux plaques rouges que beaucoup empruntent pour passer des vacances sur les routes cabossées du pays et qui roulent grâce à l’argent du contribuable transformé en crédit carburant ; il suffit de voir ces personnes qui gravitent dans les hautes sphères et qui vont à l’étranger chaque mois sinon plus et cela sans subir les fouilles à Ivato car ce sont des VIP avec les passe-droits dont Madagascar seul a le secret ; il suffit de voir les investissements immobiliers que ces personnes font en un rien de temps,  le temps qu’ils gravitent dans les hautes sphères.

A l’heure où les déclarations de candidature se précisent, la pratique n’a malheureusement pas changé.  Beaucoup si ce n’est la majorité se lancent pour « le pouvoir » et non pour « servir » ; certains se lancent pour sortir de l’anonymat et espérer avoir ne serait-ce qu’un poste de ministre juste parce qu’ils auront recueilli 1% de voix ; un certain nombre souhaitent revenir à la vie de pacha à regarder la population de haut, se servir de l’indigence de la population et s’enrichir ou bénéficier de tous les passe-droits…

Dans un tel contexte qui malheureusement date de plusieurs années,  on ne s’étonne pas que la politique à Madagascar est devenue abjecte ; on ne s’étonne pas de toutes ces candidatures pour l’heure déclarées ; on ne s’étonne pas de cet argent dépensé pour se faire connaître, pour se rappeler au bon souvenir des gens… ces derniers même qui se disent que tout cet argent aurait pu servir à améliorer leur bien-être,  le minimum pour vivre… Mais on s’étonne et on ne comprendra jamais cette réponse digne d’une ignorance crasse  » ce n’est pas l’argent de ton père ou de ta    mère ». On ne comprend pas que beaucoup  ne se demandent pas où vont leurs impôts. On a compris cependant que la très grande majorité des hommes et femmes politiques malagasy se lancent dedans pour devenir riche… et que l’intérêt du pays, l’intérêt général ils ne connaissent pas.

Claude Rakelé

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