La Gazette de la grande ile

« MADAGASCAR, UNE NATION A BATIR »: « Fermons un Passé divisé et Allons vers un Avenir partagé »

Publié le 10 août 2018

Nous sommes convaincus que notre bien-être et ceux de nos enfants seront assurés à travers ce nouveau model cherchant un juste équilibre sans remettre en cause la vertu de la création de richesse par le privé. Nous devons défendre des actes de justice et d’équité et une coopération respectueuse de notre dignité et de notre honneur.

1.2 Contextenational

Madagascar est un pays fragile à faible revenu qui s’efforce de se remettre de l’instabilité politique chronique. Madagascar a une longue histoire de croissance économique faible, à peine en phase avec les indicateurs de croissance démographique. Les indicateurs de bien-être social se sont détériorés. Les crises politiques récurrentes et les catastrophes naturelles d’origine climatique, en particulier aux cyclones, à la sècheresse, aux inondations et aux invasions acridiennes ont aggravé ces problèmes. En plus le système actuel relève une faiblesse de la gouvernance et une absence d’un gouvernement efficace qui oeuvre pour le bien être de nos compatriotes. Cela renforce l’inégalité et l’injustice, les deux causes fondamentales de l’insécurité et l’instabilité socio-politiqueque nous vivons quotidiennement.

En conséquence, Madagascar est devenu l’un des pays les plus pauvres du monde se classant 158ème sur 188 sur l’Indice de développement humain. Selon les estimations, 92,8 pour cent de la population vit avec moins de 2 USD PPA par habitant par jour (2010). Le développement de Madagascar a été entravé par des crises politiques à répétition, se produisant tous les dix ans en moyenne depuis l’indépendance du pays en 1960. La crise, survenue suite à un changement de régime anticonstitutionnel en 2009, a duré près de cinq ans, laissant l’économie dans un état de délabrement et conduisant à une forte hausse des niveaux de pauvreté. En 2012, le revenu par habitant était tombé à son niveau de 2003 (soit environ 400 d’USD). Les principaux indicateurs d’activité ont connu une tendance à la baisse. A titre d’exemple, la facilité de faire des affaires mettait le pays à la 148ème place sur 189 en 2014, mais à la 163ème place en 2015. Le retour à un gouvernement élu en 2014 a suscité l’espoir d’une reprise économique et d’un retour sur la voie du développement. Les raisons de la grande espérance des Malagasy étaient: le changement, la justice, la paix et la stabilité. Mais après quatre années du retour du soi-disant retour à l’ordre constitutionnel, la grande majorité des Malagasy constatent que le pays est malade.

La pauvreté a augmenté et sa prévalence est maintenant parmi les plus élevées au monde. Nous habitons dans l’un des pays les plus pauvres de la planète. La majorité de nos compatriotes vivent au jour le jour et se trouvent dans l’insécurité totale.

Nous aspirons à construire un développement économique et social de la Nation au sein d’une paix retrouvée et d’une fraternité raffermie

1.3 Pauvreté

1.3.1 Une pauvreté chronique

Nous nous trouvons plongés, depuis longtemps, dans une situation de pauvreté, conséquence d’une faible croissance résultant de la faiblesse structurelle de l’investissement et de la défaillance de la gouvernance, en particulier, les mauvais choix en matière de politiques économiques, aggravés par les effets des catastrophes naturelles et du changement climatique.

Cette pauvreté déjà chronique affiche des épisodes d’accentuation, notamment lors des périodes de sècheresse et de crises quasi-périodiques que connait le pays. L’écrasante majorité des Malagasy est pauvre et la plupart de cette majorité vit dans la pauvreté extrême. Environ quatre cinquièmes de la population vivait dans la pauvreté extrême (consommation par habitant inférieure à 1,25 USD de parité de pouvoir d’achat – PPP par jour en 2005) de 2001 à 2012. Sur la même période, le taux de pauvreté absolue (2 USD PPP par personne par jour) de la population a augmenté de 88,9% en 2001 à 92,7% en 2005 pour ensuite baisser légèrement, sans pour autant descendre au-dessous de la barre des 90% jusqu’en 2012 (voir Tableau).

Cette pauvreté majoritairement rurale a été exacerbée par l’enclavement de plusieurs régions du pays et par les années de crise. L’insécurité alimentaire touche presque la majorité de la population. Les indicateurs de développement sont très faibles comparativement autres pays en voie de développement: les revenus sont inférieurs, le taux de mortalité infantile plus élevé, l’espérance de vie plus courte, l’illettrisme plus répandu, la malnutrition davantage présente et une plus grande proportion de ménages ne dispose pas d’accès à l’eau potable et aux systèmes d’assainissement améliorés.

La faiblesse du revenu, cause principal du mal développement, se traduit souvent par une malnutrition et une insécurité alimentaire chronique, et sont généralement dues à une insuffisance, voire une baisse de la production agricole, accompagnée d’un très faible degré de commercialisation des récoltes. Une production agricole subissant des aléas climatiques

Pour combler la faiblesse du revenu agricole, les paysans explorent d’autres opportunités de revenus, entre autres les petits boulots dans les centres urbains, le commerce informel, les petites mines, qui ont connu une forte expansion depuis le début des années 1990, mais les petits exploitants miniers font face aux mêmes problèmes de commercialisation que les exploitants agricoles.

Cette quête de revenu supplémentaire pousse également les paysans à migrer par moments vers les zones péri-urbaines pour chercher un travail salarié ou pour se lancer dans des petites activités rémunératrices, auquel cas, ils se heurtent aux problèmes de l’emploi et aux difficultés liées aux petites activités informelles.

Plusieurs régions du pays sont démunies en matière d’investissement public ; le faible degré de commercialisation des produits provient essentiellement de la carence des infrastructures routières et des infrastructures de marché, en plus de l’insuffisance des quantités produites. (à suivre)

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