La Gazette de la grande ile

Pety Rakotoniaina: Détournements à répétition !

Publié le 10 août 2018

Mais où donc tous ces candidats trouvent-ils autant de millions pour payer leur caution ? Contre la tenue de l’élection présidentielle dont il n’est d’ailleurs pas candidat, Pety Rakotoniaina ou plus précisément son récent passé, donne une certaine idée à ceux et celles qui se posent des questions sur le financement de la participation à l’élection présidentielle.

Aussi noble que soit la fonction de chef de l’Etat, Pety Rakotoniaina semble malheureusement n’avoir que le pire des moyens pour essayer d’y parvenir : des détournements de deniers publics à répétition. C’était en 2006 où le personnage s’est présenté à l’élection présidentielle.

A ce moment là, Pety Rakotoniaina assurait la fonction de maire de la commune urbaine de Fianarantsoa où il profitait de sa position pour perpétrer une véritable razzia au détriment de la commune et de ses employés dont les salaires n’étaient plus payés.

Ainsi, le maire avait indûment touché un chèque de 60 millions Ar libellé au nom de la commune. Il s’agit du loyer d’un bail emphytéotique avec la compagnie pétrolière Jovenna sur un terrain appartenant à la commune. La transaction s’est faite dans les règles, mais le chèque a été subtilisé par le maire alors qu’il était non endossable. Pety Rakotoniaina trouve un subterfuge pour toucher le chèque : se déplacer à Manakara où il use de sa personnalité et visiblement de l’incompétence du chef d’agence pour encaisser les 60 millions de la ville de Fianarantsoa.

Ce montant aurait largement suffi à payer la caution à l’élection présidentielle qui était alors de 25 millions Ar, mais il fallait aussi fournir les bulletins de vote et surtout assurer la campagne électorale qui est le poste le plus budgétivore d’une participation à une élection présidentielle, du moins si on espère se faire élire.

On ne s’étonne donc pas que d’après les enquêtes de l’Inspection générale de l’Etat, Pety Raktoniaina est aussi impliqué dans le détournement des recettes de bus de la commune urbaine. Dans ce chapitre, les recettes mises en cause atteignent la bagatelle de plus de 65 millions Ar. Une plainte pour détournement de derniers publics a été ainsi déposée comme pour le chèque de Jovenna et les droits de location des pavillons appartenant à la ville de Fianarantsoa. Durant la même période, les agents de l’IGE dénoncent des manquants d’une valeur de plus de 7 millions Ar.

En somme, Pety Rakotoniaina est accusé d’avoir détourné près de 130 millions. Autant d’argent qui n’a pas permis à l’ancien maire de Fianarantsoa de se faire élire à la tête de l’Etat. Heureusement pour lui, les plaintes des inspecteurs de l’Etat n’ont apparemment pas eu de suite à cause des bouleversements politiques survenus dans le pays. En décembre 2006, à la veille du scrutin présidentiel, Pety Raktoniaina organise à Fianarantsoa des manifestations contre la tenue des élections. Il est alors poursuivi par le régime Ravalomanana qui n’arrive à l’arrêter qu’au bout de 7 mois de poursuite. Mais avant que les procédures judiciaires n’aboutissent à leur terme, Pety Rakotoniaina est aussi impliqué dans la tentative de coup d’Etat à la Base aéronavale d’Ivato, en 2008. Il écope alors de 10 ans. Le soir même de l’investiture d’Andry Rajoelina à Mahamasina en mars 2009, Pety Rakotoniana est libéré avec l’ensemble des prisonniers supposés incarcérés pour des raisons politiques. Aujourd’hui, c’est au nom d’un soi-disant mouvement pour la refondation (HFI) que Pety Rakotoniaina se retourne contre son libérateur  qu’il accuse littéralement d’enrichissement illicite et de détournement.

Déclarant d’abord inopportune la tenue de l’élection présidentielle, Pety Rakoniaina vise en fait la disqualification d’Andry Rajoelina.  Au bénéfice de qui ? En tout cas, si les agissements de Pety Rakotoniaina font jaser non seulement le microcosme mais aussi le grand public, d’aucuns se demandent à partir de ce passé de détournement s’il n’est pas impératif pour chaque candidat à l’élection présidentielle d’expliquer l’origine d’au moins ses 250 millions Fmg de caution. Au moins, la course interdit la participation des professionnels qui risquent de … voler plus loin.

Sa

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