La Gazette de la grande ile

Candidatures : Entre charlatans et mythomanes

Publié le 11 août 2018

Les dépôts de candidatures en vue de la prochaine élection présidentielle se font à petits pas. Comme à l’accoutumée, il faudra s’attendre à des courses de sprint vers la HCC, la veille et l’avant-veille de l’échéance. Les néophytes ou spécialistes de la vie politique observent avec amusement les personnalités qui défilent au siège de la HCC à Ambohidahy. Durant les derniers mois, on a pu entendre un nombre sans précédent de déclarations de candidatures de personnalités connues ou inconnues. Certains individus ont respecté leurs promesses. D’autres se sont rétractés par lucidité ou se sont dégonflés comme un pneu par manque de moyens. Ces derniers, qui voulaient avoir leur quart d’heure de gloire, ont juste réussi à se ridiculiser. Pourquoi se mettre sous les feux des projecteurs, sachant qu’on obtiendra qu’une petite centaine de suffrages, sur un peu moins de dix millions de votants ? Pour certains pseudo-candidats bouffis de suffisance, c’est de la vanité clinquante. « Vanités des vanités, tout est vanité » (Ecclésiaste 1 :2). Pour d’autres, il s’agit de faire du pied aux candidats favoris, en vue d’une alliance au second tour. L’objectif est l’obtention d’un poste ministériel, mais non pas la victoire à l’élection présidentielle. Pour d’autres enfin, la motivation est d’ordre purement financier. En annonçant leur candidature avec tambours et trompettes, ils espèrent pouvoir récolter des fonds. On est à la limite de l’escroquerie. Chacun est libre de ses opinions et de ses agissements et le paysage politique a besoin de se renouveler. Toutefois, les candidatures fantaisistes et en trompe-l’œil n’apportent rien au débat démocratique. Elles ne font que de désacraliser la politique. Il est vrai que « l’élection encourage le charlatanisme » (Ernest Renan) mais il n’est pas nécessaire de tomber très bas dans la clownerie. On ne peut pas assister à un « triomphe de l’insignifiance » (Rosanvallon). Il faut espérer que la société civile, les médias classiques et les réseaux sociaux fourniront des outils d’analyse, afin que les électeurs ne se laissent pas bernés  par les discours sucrés, les mélodies du bonheur et les divagations prophétiques délivrés par de nombreux charlatans, mythomanes et autres tartuffes.

Phil de Fer et Ranary

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