La Gazette de la grande ile

CHRONIQUE: Une élection à haut risque au mépris de légalité

Publié le 11 août 2018

Sur le plan  traditionnel chaque  année à pareille  époque, du mois d’août jusqu’à décembre c’est le  temps du retournement des morts(le famadihana). Le tout dans une atmosphère très festive avec tambours et trompettes. A la grande  joie de  tout le voisinage. Sur la scène politique quand on parle de « famadihana », il est plus  question de traîtrise et de tromperie  entre gens de la même chapelle. Situation  qu’on constate jour après jour dans les rangs des acteurs politiques  le long des  grandes  occasions  telles  que les périodes électorales et la veille des évolutions institutionnelles importantes (démissions d’un Premier ministre, limogeages de membres du gouvernement ou de commis  aux hauts  emplois  de l’Etat. Evènements qui  se passent rarement sans  grincements  de  dents et rancœurs pour  ceux qui se  sentent largués quel que soit le motif.

Qu’on le  veuille ou non, la gaîté n’est plus de mise pour les ministres démis de leurs  fonctions et pour leurs équipages, après la  récente immixtion  des neuf sages de la HCC qui selon les observateurs « n’ont pas osé déchoir le président, même s’ils reconnaissent ses manquements, à quelques mois seulement d’un scrutin prévu avant la fin de 2018. Ils ont en revanche sérieusement rebattu les cartes en exigeant la nomination d’un Premier ministre « de consensus ». Quand bien même  si l’institution d’Ambohidahy se  targue d’avoir agi en  tant  qu’«organe régulateur du fonctionnement des Institutions et de l’activité des pouvoirs publics, notamment lorsque celle-ci est entravée dans l’exercice des attributions », de tous côtés on ne cache plus la déception et la fureur. Et que cette  situation perdure encore et pourrait  se compliquer pour plusieurs raisons. Il y a ces   zizanies entre membres  d’un même parti tout juste pour raisons  d’intérêts personnels  et d’ego vexé par pure frustration de  se  voir écarté des  centres  de  décision. Ce sentiment de colère rancunière est  valable  aussi bien  dans les  rangs du HVM de l’actuel président,  que du Mapar d’Andry Rajoelina ou du TIM de Ravalomanana ou même de ces groupuscules  qui  gravitent à la remorque des grandes  formations.  Sans  compter les influences  que pourraient  entraîner le climat d’insécurité, de cafouillage et de confusion qui entoure présentement la proximité de la prochaine élection présidentielle, il  y a  fort à  craindre  que craignant des manipulations possibles  des  circonstances  de la période pré-électorale et des issues postélectorales des  votes, des  têtes  brûlées  vont retomber  dans les  tentations des actions  violentes comme Marc Ravalomanana  a fait  en 2002. Et  ce  sera  rebelote pour les  troubles  tant  honnis d’un passé récent.

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