Une affaire financière embarrassante refait surface autour de l’ancien pouvoir. Vingt-sept fournisseurs réclament le paiement de factures restées sans règlement, pour un montant total de 629 millions d’ariary, liées à l’organisation de l’opération sociale « Rentrée Mifampitsinjo » tenue à la fin du mois d’août 2025.
Ces prestataires avaient été mobilisés pour fournir des fournitures scolaires à prix réduit aux enfants malgaches, dans le cadre d’un programme présenté comme solidaire et déployé dans sept régions du pays. Les événements s’étaient déroulés du 30 août au 1er septembre 2025, à une période où Andry Rajoelina était encore en fonction avec son équipe gouvernementale.
Une dette contractée sous l’ancien régime, jamais honorée
Selon les représentants des opérateurs concernés, les contrats prévoyaient un règlement intégral des prestations au plus tard le 30 septembre 2025. Or, plusieurs mois après l’échéance, aucun versement n’aurait été effectué, malgré de multiples relances adressées aux autorités compétentes.
Les 27 fournisseurs expliquent avoir engagé des dépenses importantes pour assurer la logistique, l’approvisionnement et la distribution des fournitures scolaires à bas coût. Certains affirment avoir contracté des prêts bancaires ou différé le paiement de leurs propres partenaires dans l’attente du remboursement par l’État, ce qui aurait fragilisé leur trésorerie et mis en difficulté leurs activités.
Pour ces opérateurs économiques, il ne s’agit plus d’un simple retard administratif, mais d’un manquement grave aux engagements contractuels pris par l’administration de l’époque.
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Des entreprises en difficulté, une pression qui monte
Face à l’absence de réponse concrète, les fournisseurs haussent désormais le ton et demandent publiquement des comptes à l’ancien président Andry Rajoelina et à son entourage politique. Ils estiment que la responsabilité politique et morale de cette dette incombe à l’équipe qui a piloté l’opération « Rentrée Mifampitsinjo ».
Au-delà du montant global de 629 millions d’ariary, les intéressés soulignent l’impact humain et économique de cette situation. Plusieurs petites et moyennes entreprises affirment être au bord de l’asphyxie financière, faute de liquidités suffisantes pour honorer leurs propres charges courantes, notamment les salaires, les loyers et les fournisseurs secondaires.
