Le limogeage du colonel Tahiana Ravelomanana, jusque-là Directeur de la Police Judiciaire au sein de la Gendarmerie nationale, suscite une vive polémique. Cette décision, officialisée lors du Conseil des ministres du 7 mai, intervient dans le contexte de l’évasion controversée du colonel Patrick Rakotomamonjy du camp militaire de Ratsimandrava, un lieu censé être ultra-sécurisé.
Une réaction ferme du président du Sénat
Face à cette décision, le général Richard Ravalomanana, président de la Chambre Haute, est monté au créneau. Dans une déclaration publique, il a exprimé son désaccord total avec la sanction infligée au colonel Tahiana, qu’il considère comme un officier irréprochable :
« Le colonel Tahiana Ravelomanana n’a aucun dossier sale. Que ce soit le Président de la République, le Premier ministre ou le ministère de la Défense, personne ne peut mettre en doute son intégrité. »
Le général a précisé qu’il a personnellement travaillé avec lui et qu’il est prêt à témoigner en sa faveur, affirmant que cet officier supérieur a toujours rempli ses fonctions avec professionnalisme et loyauté.
Une responsabilité en cascade ?
D’après les explications du général Ravalomanana, la responsabilité de l’évasion ne saurait incomber au seul directeur de la police judiciaire. Selon lui, ce sont les agents chargés de la garde, les chefs de division et chefs de service qui auraient failli à leur mission.
« Si l’on suit cette logique, alors tous les supérieurs jusqu’au ministre de la Défense et au commandant de la Gendarmerie nationale devraient également être sanctionnés », a-t-il déclaré, soulignant que le colonel Tahiana se situe entre ces niveaux hiérarchiques.
Un limogeage perçu comme politique ?
Dans les coulisses, certains observateurs estiment que cette décision pourrait avoir une dimension politique, le limogeage étant peut-être une mesure symbolique destinée à apaiser les critiques liées à la défaillance sécuritaire. Cependant, pour ceux qui connaissent le colonel Tahiana, il s’agirait d’un bouc émissaire, sacrifié pour donner des gages à l’opinion publique.
Le débat reste ouvert, mais cette affaire relance les questions sur la chaîne de responsabilité réelle dans les institutions de sécurité à Madagascar, ainsi que sur l’équilibre entre justice, pression politique et loyauté institutionnelle.

