Le colonel Ravelomanana Valona Tahina, qui occupait depuis moins de deux mois le poste stratégique de Directeur de la Police judiciaire au sein du Commandement de la Gendarmerie nationale, a été démis de ses fonctions ce mercredi. Ce limogeage intervient dans un contexte de forte tension institutionnelle, marqué par une série de décisions politiques et militaires liées à l’affaire Rakotomamonjy.
Un départ précipité lié à l’évasion du colonel Rakotomamonjy
La décision fait suite aux instructions fermes du Président de la République, Andry Rajoelina, qui, dans une publication Facebook mardi, avait exigé des sanctions immédiates contre toute forme de négligence ayant conduit à l’évasion du colonel Patrick Rakotomamonjy, survenue le 16 avril au camp militaire de Ratsimandrava. Ce dernier, alors placé sous enquête, a échappé à la surveillance des forces de l’ordre en un lieu censé être hautement sécurisé et strictement contrôlé.
Le chef de l’État avait déclaré sans équivoque : « Il est inacceptable qu’une personne encore sous enquête, et qui se trouve dans un camp, puisse s’échapper. » Ce discours a manifestement été suivi d’effet, avec une volonté d’imposer une exemplarité hiérarchique.
Des accusations antérieures encore non élucidées
Le colonel Ravelomanana n’en est pas à sa première affaire controversée. Bien avant cette éviction, des accusations graves avaient été portées contre lui par Fleury Rakotomalala, figure de l’opposition. Selon ses propos, le colonel et ses équipes auraient eu recours à des actes de torture sur des personnes placées en garde à vue. Ces accusations, relayées sur plusieurs plateformes médiatiques locales, n’ont cependant pas donné lieu à des poursuites officielles jusqu’à présent.
Un climat de pression dans les forces de sécurité
Ce limogeage traduit une volonté politique d’assainir les responsabilités au sommet de la hiérarchie militaire. Mais il reflète aussi un climat de forte pression qui règne actuellement au sein des forces de l’ordre. La gestion des dossiers sensibles, comme l’affaire Rakotomamonjy, a provoqué une vague d’insatisfaction au plus haut niveau de l’État, ce qui laisse présager d’autres réorganisations à venir dans les rangs de la gendarmerie et de la police.

