Le projet minier connu sous le nom de Base Toliara opère un repositionnement majeur. Désormais rebaptisé Vara Mada – An Energy Fuels Company, le projet porté par le groupe américain Energy Fuels entend ouvrir une nouvelle phase, tant sur le plan de son image que de son approche vis-à-vis des acteurs locaux. Cette annonce intervient dans un contexte toujours marqué par de fortes controverses autour de l’exploitation minière dans la région Atsimo-Andrefana.
Un nouveau nom pour relancer le dialogue avec les acteurs locaux
Energy Fuels explique que l’appellation Vara Mada, inspirée du patrimoine culturel malgache, se veut un symbole de valorisation des ressources locales et du potentiel économique régional. L’entreprise affirme vouloir rompre avec une communication jugée opaque par le passé, en mettant en avant une identité plus ancrée dans le territoire.
Cette évolution s’accompagne d’une réorganisation interne, avec un renforcement annoncé des équipes malgaches et la mise en place de mécanismes de concertation plus réguliers avec les parties prenantes. Vara Mada affirme également vouloir aligner ses pratiques sur les standards internationaux en matière de gouvernance, de sécurité industrielle et de gestion environnementale.
Sur le plan économique, le groupe avance des projections ambitieuses : jusqu’à 4 000 emplois durant la phase de développement, et plus de 6 000 postes à terme lors de l’exploitation, sans compter les opportunités pour les entreprises locales et les fournisseurs nationaux.
A lire aussi: Surstock et marché en berne : l’État mise sur la libéralisation des prix de la vanille
Un projet toujours contesté, entre promesses économiques et doutes persistants
Malgré ce repositionnement, le projet demeure fortement contesté. Plusieurs voix politiques et institutionnelles continuent d’exprimer des réserves, à commencer par le président de l’Assemblée nationale, Siteny Randrianasoloniaiko, qui a récemment évoqué la possibilité d’un abandon pur et simple du projet, estimant qu’il ne présenterait pas d’avantages suffisants pour Madagascar.
Sur le terrain, les inquiétudes restent nombreuses. Elles portent notamment sur les effets potentiels de l’exploitation minière sur l’environnement, la biodiversité, les terres agricoles et les moyens de subsistance des populations locales. Les questions liées aux droits fonciers, à la transparence des permis miniers et à la présence de minerais présentant des risques radiologiques continuent également d’alimenter les débats.
Si Vara Mada affiche une volonté de tourner la page et de redéfinir sa relation avec le pays, l’acceptabilité sociale du projet reste incertaine. Le changement de nom et de stratégie suffira-t-il à lever les blocages ? À ce stade, le dossier demeure ouvert, sous étroite surveillance des autorités, des élus et des communautés concernées.
