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Direction général samfin: qui va succéder à Mamitiana Rajaonarison?

Mamitiana Rajaonarison directeur général sortant samfin

Alors que Madagascar intensifie sa lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme, le Service des Renseignements Financiers (SAMIFIN) s’apprête à tourner une page importante de son histoire institutionnelle. À la fin du mandat de Mamitiana Rajaonarison, son Directeur général, une procédure de succession réglementée a été enclenchée dans le but d’assurer une transition conforme aux standards internationaux d’intégrité, de compétence et d’indépendance.

Un organe stratégique pour la stabilité financière et la transparence

Créé pour superviser, collecter, analyser et transmettre les informations liées aux transactions suspectes dans le secteur financier et non financier, le SAMIFIN est l’un des piliers du système national de prévention de la criminalité économique. Il joue également un rôle central dans la coopération interinstitutionnelle, notamment avec la Commission anticorruption (Bianco), le Bureau indépendant anti-corruption (PAC), le Trésor public, ainsi que les organismes de régulation bancaire.

Son Directeur général occupe donc une fonction cruciale : il supervise les enquêtes de renseignement financier, garantit la neutralité des rapports transmis aux autorités judiciaires et participe à la coordination régionale et internationale, notamment via le Groupe Egmont, auquel le SAMIFIN est affilié. C’est dans ce contexte qu’un appel à candidatures a été lancé à la fin février 2025.

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Un processus de sélection soumis à des exigences élevées

Le recrutement du nouveau Directeur général ne relève pas d’une simple nomination administrative. Il repose sur une architecture juridique robuste encadrée par la loi n°2016-020 et le décret n°2007-510, qui organisent les modalités de désignation. Le Comité pour la Sauvegarde de l’Intégrité (CSI), garant de la transparence du processus, a été chargé de piloter la sélection à travers une instance ad hoc composée de représentants issus de secteurs variés notamment la justice, la finance et la société civile.

Après une phase de réception des candidatures ayant réuni 18 postulants, les dossiers ont été analysés sur la base de plusieurs critères : niveau d’expertise technique (en droit financier, conformité, criminalité transnationale), expérience managériale dans le secteur public ou privé, et antécédents d’intégrité. Trois finalistes ont été retenus à l’issue d’entretiens techniques tenus à huis clos le 15 avril dernier, et leurs noms ont été transmis au Président de la République, qui doit arrêter la décision finale par décret pris en Conseil des ministres.

Une fonction sensible dans un environnement sous pression

La fonction de Directeur général du SAMIFIN comporte des responsabilités qui dépassent le cadre purement administratif. Il doit interagir régulièrement avec les banques commerciales, les institutions de microfinance, les compagnies d’assurance et les professions non financières désignées (notaires, experts-comptables, agents immobiliers, etc.). Il est aussi tenu de produire des rapports statistiques, de coordonner des formations de conformité, et de renforcer les capacités internes de veille sur les flux financiers illicites.

Dans le contexte actuel, marqué par l’essor des cryptoactifs, des plateformes de transfert informelles et la fragilité de certaines institutions bancaires, la nouvelle direction devra rapidement renforcer les capacités d’analyse stratégique et technique du SAMIFIN. La qualité de sa coopération avec les agences étrangères de renseignement financier (FIU) et sa capacité à produire des alertes crédibles auront un impact direct sur la réputation financière de Madagascar sur la scène internationale.

Une nomination attendue, aux enjeux multiples

Outre les impératifs techniques, cette succession intervient dans une période politique délicate. La désignation du prochain Directeur général sera scrutée de près par les bailleurs de fonds, notamment l’Union européenne et le Fonds monétaire international, qui conditionnent une partie de leur appui budgétaire à l’amélioration de la gouvernance financière et à l’autonomie des institutions de contrôle.

L’annonce du nom du nouveau dirigeant est attendue dans les semaines à venir. Qu’il soit issu du monde judiciaire, de la finance ou du renseignement, il devra incarner un nouvel élan pour un SAMIFIN plus efficace, plus indépendant et capable de faire face à la sophistication croissante des circuits financiers illicites.

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