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Eventuelle modification de la constitution : l’opposition monte le ton

hajo malagasy miara miainga

L’hypothèse d’une réforme constitutionnelle revient sur la scène politique malgache, ravivant les tensions entre le régime en place et les partis d’opposition. Bien qu’aucun projet formel n’ait encore été présenté à l’Assemblée nationale, plusieurs signaux laissent présager une volonté du pouvoir exécutif de revoir certains équilibres institutionnels. Une éventualité que les forces d’opposition dénoncent avec vigueur, y voyant un risque de dérive autoritaire.

Hajo Andrianainarivelo, président du parti Malagasy Miara-Miainga (MMM), a été l’un des premiers à alerter publiquement sur cette possible réforme. Il soupçonne une stratégie de verrouillage institutionnel à l’approche des prochaines échéances électorales. À sa suite, plusieurs figures de l’opposition se sont exprimées, parmi lesquelles Me Hanitra Razafimanantsoa, députée de Firaisankina élue dans le 1er arrondissement d’Antananarivo, qui évoque un scénario déjà connu : « Chaque tentative de toucher à la Constitution a toujours provoqué une instabilité politique majeure. L’histoire du pays l’a prouvé à plusieurs reprises. »

De son côté, Rina Randriamasinoro, secrétaire général du parti Tiako i Madagasikara (TIM), estime que cette réforme n’a rien d’urgent et ne répond à aucune demande populaire : « Ce texte fondamental appartient au peuple. Le modifier sans consultation nationale approfondie, c’est en piétiner la légitimité. »

Dans l’entourage du parti présidentiel, on se montre plus prudent, sans toutefois écarter la possibilité d’une « modernisation » de certains articles. Des proches du régime évoquent la nécessité d’adapter la Constitution aux réalités du développement et de la gouvernance contemporaine. Des rumeurs insistantes font état de propositions visant à renforcer les pouvoirs du président dans la nomination des chefs d’institutions ou à revoir la durée de certains mandats.

Le spectre de 2010, année de la dernière grande révision constitutionnelle, est dans tous les esprits. À l’époque, le nouveau texte avait été adopté par référendum dans un climat contesté, marqué par une transition politique tendue. « Si on ouvre aujourd’hui la voie à une modification sans consensus, on risque de raviver les vieux démons de la crise institutionnelle », affirme Auguste Paraina du parti Tsara Tahafina, appelant à une large concertation nationale préalable.

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Sur le plan juridique, certains constitutionnalistes appellent à la prudence. Une modification par voie parlementaire serait possible, mais nécessite une majorité qualifiée, ce que le régime n’est pas assuré de détenir. Par ailleurs, l’idée d’un référendum est évoquée dans certains cercles proches du pouvoir, ce qui pourrait relancer le débat sur la légitimité du processus.

Dans l’opinion publique, la méfiance s’installe peu à peu. Si certains citoyens interrogés y voient une opportunité de mettre à jour un texte parfois jugé imprécis ou mal appliqué, d’autres redoutent une opération de manipulation électorale à peine voilée. Dans les rues d’Antananarivo, plusieurs associations de la société civile commencent à se mobiliser pour exiger une transparence absolue sur tout processus de révision.

En coulisses, les diplomates étrangers suivent de près l’évolution du dossier. Pour nombre d’observateurs, un passage en force serait de nature à fragiliser davantage un climat politique déjà polarisé. Le risque étant non seulement une paralysie institutionnelle, mais aussi une nouvelle série de manifestations, comme celles qui ont marqué les transitions précédentes.

Alors que les débats s’annoncent houleux, la classe politique malgache se retrouve à nouveau face à un choix décisif : ouvrir un véritable dialogue national sur l’avenir de la Constitution, ou risquer d’alimenter une nouvelle crise de confiance entre gouvernants et gouvernés.

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