À Antananarivo, le Lycée Français de Tananarive (LFT) occupe une place centrale dans l’enseignement français à Madagascar. Établissement en gestion directe de l’AEFE, il accueille plusieurs milliers d’élèves, de la maternelle à la terminale, et constitue une référence pour les familles françaises, malgaches et internationales.
Mais cette réputation s’accompagne d’un coût financier conséquent. Pour l’année scolaire 2025-2026, les frais de scolarité démarrent à partir de 12 000 000 ariary par an et peuvent dépasser 36 000 000 ariary selon le niveau de classe et le statut de l’élève.
Derrière ces montants se cache une grille tarifaire détaillée, à laquelle s’ajoutent des frais d’inscription, des droits spécifiques pour certaines sections, ainsi que des coûts liés à la restauration et à l’internat.
Des frais de scolarité qui augmentent avec le niveau scolaire
Les droits annuels de scolarité au LFT varient fortement selon le cycle fréquenté. Plus l’élève progresse dans le cursus, plus le montant augmente, ce qui reflète à la fois la spécialisation des enseignements et l’intensification de l’encadrement pédagogique.
En pré-élémentaire (TPS), les frais commencent autour de 12 000 000 ariary pour les élèves français, et environ 12 600 000 ariary pour les élèves de nationalité tierce.
En élémentaire, les tarifs se situent généralement entre 12 700 000 ariary et 14 100 000 ariary, selon la nationalité.
Le passage au collège marque un premier saut budgétaire, avec des frais allant de 17 100 000 ariary à 19 200 000 ariary par an.
Au lycée général, la fourchette s’élargit encore, entre 23 100 000 ariary et 26 400 000 ariary, avant d’atteindre des montants supérieurs à 36 000 000 ariary pour certaines classes de première et de terminale.
Les filières de lycée professionnel suivent une logique similaire, avec des droits proches de ceux du lycée général.
Ces montants sont exprimés en ariary et font l’objet d’une facturation soit annuelle dès le premier trimestre, soit trimestrielle selon une clé de répartition précise.
A lire aussi: HDR à Madagascar : seules les Écoles Doctorales publiques autorisées à délivrer le diplôme
Une facturation étalée mais rigoureusement encadrée
Le LFT propose deux modalités principales de règlement des droits annuels de scolarité.
La première repose sur une facturation trimestrielle, avec une répartition standardisée :
– 40 % au premier trimestre,
– 30 % au deuxième trimestre,
– 30 % au troisième trimestre.
La seconde option consiste en une facturation annuelle, exigible dès le premier trimestre, souvent choisie par les familles souhaitant lisser la gestion administrative et éviter des rappels de paiement successifs.
Cette organisation vise à sécuriser le financement de l’établissement tout en laissant une certaine souplesse de trésorerie aux familles, même si le niveau global des frais reste élevé par rapport au revenu moyen local.
Sections internationales et européennes : un surcoût non négligeable
Pour les familles optant pour des parcours renforcés, des frais supplémentaires viennent s’ajouter aux droits de base.
La section internationale est facturée 1 053 000 ariary par an, tandis que la section européenne au lycée entraîne un supplément de 526 000 ariary.
Ces options donnent accès à un enseignement linguistique et culturel approfondi, souvent orienté vers une meilleure préparation aux parcours universitaires internationaux. Elles impliquent toutefois un budget annuel supérieur, qui peut dépasser les 40 000 000 ariary dans les niveaux les plus élevés.
Droits d’inscription et de réinscription : des frais récurrents à anticiper
Au-delà des frais de scolarité, le LFT applique plusieurs catégories de droits administratifs, facturés en début d’année.
Les droits de réinscription, exigés au premier trimestre, varient selon le niveau :
– 126 000 ariary pour tous niveaux (forfait administratif général),
– 970 000 ariary pour le CP,
– 1 950 000 ariary de CE1 à la troisième,
– 1 560 000 ariary en seconde,
– 1 170 000 ariary en première,
– 580 000 ariary en terminale.
Les droits de première inscription, applicables aux nouveaux élèves, sont encore plus élevés. Ils s’échelonnent de 1 600 000 ariary pour un élève entrant en troisième à 2 300 000 ariary pour une première inscription en terminale.
À ces frais s’ajoutent des droits spécifiques pour les candidats individuels ou les élèves inscrits via le CNED, notamment pour les examens nationaux.
Frais d’examens : un coût supplémentaire en fin de cycle
Les examens officiels donnent lieu à une facturation distincte, généralement au premier ou au deuxième trimestre selon le mode de règlement choisi.
Les montants observés pour 2025-2026 s’établissent autour de :
– 235 000 ariary pour le DNB (brevet),
– 257 000 ariary pour les épreuves anticipées de français (EAF),
– 480 000 ariary pour le baccalauréat.
Pour les candidats individuels et certains parcours spécifiques, ces montants peuvent grimper jusqu’à 2 300 000 ariary pour une inscription complète au bac.
Restauration scolaire et internat : des services facturés à part
La restauration et l’hébergement ne sont pas inclus dans les droits de scolarité de base. Ils font l’objet de forfaits distincts, principalement pour les collégiens et lycéens.
La demi-pension est proposée sous deux formats :
– forfait 5 jours à 2 840 000 ariary,
– forfait 4 jours à 2 280 000 ariary.
Les repas pris à l’unité sont facturés 16 000 ariary.
L’internat “Grand Tana” fonctionne par périodes de 6 à 8 semaines, avec des tarifs compris entre 2 350 000 ariary et 2 940 000 ariary selon la durée.
Une formule annuelle peut atteindre 17 000 000 ariary, ce qui représente un coût significatif, mais reste prisée par les familles vivant hors de l’agglomération d’Antananarivo.
Un investissement éducatif conséquent pour les familles
Au total, la scolarisation d’un élève au Lycée Français de Tananarive représente un engagement financier lourd, surtout lorsqu’on additionne frais de scolarité, droits administratifs, sections spécifiques, restauration et internat.
Pour un lycéen inscrit en section internationale et demi-pensionnaire, le budget annuel peut dépasser 40 000 000 ariary, soit l’équivalent de plusieurs années de salaire pour une grande partie des ménages malgaches.
Malgré ces montants, le LFT continue d’attirer un public nombreux en raison de la qualité de son enseignement, de la reconnaissance internationale de ses diplômes et de ses débouchés vers l’enseignement supérieur en France et à l’étranger.
