L’e-Ariary, monnaie numérique émise par la Banque Centrale de Madagascar, suscite déjà un vif intérêt auprès des institutions financières, des commerçants et du grand public. Pensée comme un complément à l’argent liquide, cette innovation vise à faciliter les transactions quotidiennes, à sécuriser les échanges et à favoriser l’inclusion financière dans les zones peu desservies.
Mais au-delà de sa promesse technologique, c’est son mode d’utilisation concret qui déterminera son adoption. Pour qu’il entre réellement dans les habitudes, l’e-Ariary devra être facilement accessible, même sans connexion internet ou smartphone dernière génération. C’est pourquoi plusieurs options de transaction sont envisagées, adaptées aux différents profils d’utilisateurs à Madagascar.
Code USSD : une solution accessible à tous les téléphones
Le code USSD, déjà utilisé pour les services de mobile banking comme Mvola, Airtel Money ou Orange Money, sera sans doute l’un des moyens les plus répandus pour accéder à l’e-Ariary. Il suffit de composer un code court, par exemple *111#, pour naviguer dans un menu permettant de consulter son solde, envoyer de l’argent, payer un commerçant ou acheter du crédit.
Cette méthode a l’avantage d’être compatible avec tous les téléphones, y compris les modèles les plus simples. Selon le GSMA (Global System for Mobile Communications), près de 70 % des utilisateurs malgaches possèdent un téléphone basique, non connecté à internet. Le recours au code USSD permettra donc de ne laisser personne de côté, y compris dans les zones rurales, où la couverture mobile est suffisante mais l’accès aux smartphones reste limité.
De plus, ce système est rapide et peu coûteux. Les transactions via USSD peuvent être effectuées même sans solde internet, et les opérations sont souvent finalisées en moins de 10 secondes.
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QR code et carte numérique : des options pour smartphones et guichets
Pour les détenteurs de smartphones ou les établissements équipés de lecteurs, l’e-Ariary sera également utilisable via QR code. Le principe est simple : le commerçant affiche un code à scanner, et le client valide le paiement depuis son application. Cette méthode est déjà connue dans d’autres pays africains comme le Rwanda ou le Ghana, où les paiements via QR code représentent parfois jusqu’à 25 % des transactions numériques en milieu urbain.
L’avantage ici réside dans la rapidité de l’échange et la sécurité renforcée par l’identification de l’utilisateur via l’application mobile. Cela favorisera les transactions en boutique, dans les stations-service, les supermarchés ou encore pour les services de transport.
En parallèle, l’utilisation d’une carte électronique adossée à un compte e-Ariary sera proposée pour les personnes qui souhaitent payer sans téléphone. Cette carte pourra être utilisée dans des terminaux électroniques placés dans les guichets automatiques, les agences postales ou les commerces partenaires. Elle s’adressera particulièrement aux personnes âgées ou à celles peu habituées aux interfaces numériques.
Cette variété d’outils montre que la stratégie autour de l’e-Ariary vise à couvrir l’ensemble des profils utilisateurs, du citadin connecté à l’agriculteur en zone enclavée. Selon les estimations de la Banque Centrale, près de 12 millions de Malgaches pourraient être concernés à moyen terme, avec un objectif affiché de 50 % d’adoption d’ici cinq ans.
